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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Fariza, voleuse de bébés

Des femmes - une présidente, deux juges assesseures, une procureure, une greffière, une huissière - en regardaient avidement une autre, petite brune soignée au regard vif qui, debout devant elles, triturait nerveusement un porte-clés au bout duquel pendait un ourson en peluche. Fariza, 43 ans, médecin urgentiste dans un hôpital de la banlieue parisienne, comparaissait, lundi 14 septembre, devant la 15e chambre du tribunal correctionnel de Paris, pour avoir, à deux reprises, enlevé ou tenté d'enlever un bébé.

"Eh bien, allez-y, expliquez-vous !", lui lance la présidente, Françoise Guidolin. "J'étais en mal d'enfant... je m'en veux, je m'en veux...", explique la prévenue avant de jeter pêle-mêle le récit de sa quête éperdue de grossesse, l'échec d'une insémination, sa peur d'être atteinte d'une tumeur des ovaires, de vagues démarches en vue d'une adoption et son enfermement progressif "dans une bulle". "Mes collègues de travail me demandaient sans cesse : "Alors, tu es enceinte ?" Je répondais non. Et un jour, j'ai dit oui." Elle signe une déclaration de grossesse. "J'étais obsédée par ce bébé, j'ai perdu pied. J'allais dans les magasins pour bébés, je faisais des achats compulsifs, le lit, les vêtements, les couches, le lait en poudre, je me disais que comme ça, il viendrait..."

Le matin du 1er septembre 2005, Fariza a garé sa voiture à l'hôpital de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), avec un couffin pour le bébé. Vêtue de sa blouse de médecin, elle a poussé une porte : "J'ai entendu l'eau couler dans la salle de bains, j'ai pris le bébé." Rentrée chez elle, elle change la petite fille, l'habille et repart avec elle faire des courses car il lui manque de l'eau minérale pour le biberon. Dans sa voiture, puis le soir à la télévision, elle entend l'appel au secours de la mère de Celia. "Le matin, j'ai voulu ramener le bébé à la maternité, mais j'ai eu peur." Elle décide de déposer le couffin dans le hall d'un immeuble - "il était éclairé, propre, il y avait du passage".

Dans les jours qui suivent, elle frappe à la porte d'une famille de gitans, parce que, dit-elle, "ça se savait, dans le 93, qu'ils vendaient des bébés". On l'écoute et on lui promet, moyennant 5 000 euros. Elle paie et comprend vite qu'elle a été escroquée. "Alors, je me suis dit, je vais aller à Barbès et je vais peut-être trouver une dame pauvre." Dans son sac, elle a glissé 2 000 Elle entre dans le magasin Tati de Barbès, voit un bébé dans une poussette et profite d'une minute d'inattention de sa mère pour l'emporter. Elle est aussitôt arrêtée par un agent de sécurité, alerté par les cris. "Je ne voulais pas le voler, c'était un appel à l'aide", explique-t-elle aujourd'hui.

Fariza est vite identifiée comme la voleuse de Montfermeil et placée pendant quatre mois en détention. Depuis, elle a suivi une psychothérapie, est devenue mère de deux enfants - "que j'ai eus naturellement", précise-t-elle - qu'elle élève seule et pour lesquels elle a pris un congé parental. Une voix d'homme, celle de son avocat, Me William Bourdon, a appelé le tribunal à la clémence pour la "cavale psychique" d'une femme éperdue dans son désir de maternité. Deux ans dont vingt mois avec sursis, a répondu le tribunal.

 

Le Monde

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