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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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La fin de la «jungle» de Calais ne règle pas tout

Le campement de migrants de Calais a été démantelé hier, comme annoncé par le ministre de l’Immigration. Selon plusieurs associations, cette opération ne fait que déplacer le problème.


Quelque 500 policiers, 3 bulldozers et une dizaine de camions… La « jungle » de , ce campement de fortune qui a abrité jusqu’à 800 exilés en attente d’un passage clandestin pour la Grande-, est redevenue un terrain vague. Le démantèlement annoncé fin avril par Eric Besson, ministre de l’Immigration, s’est déroulé tôt hier matin sous l’oeil des caméras, sans autre incident que quelques altercations entre policiers et militants altermondialistes.



Pourquoi cette opération ? Eric Besson, le ministre de l’Immigration, estime que la destruction de la « jungle » permettra de « casser le principal outil de travail des filières clandestines dans la région ». Cette « zone de non-droit » était devenue « insupportable pour les habitants et pas acceptable pour nos amis anglais », justifiait-il en martelant ce message destiné aux réseaux comme aux migrants : « A Calais, on ne passe plus ! » Le gouvernement britannique, qui a signé récemment avec la France un accord prévoyant le renforcement des contrôles sur le port, a salué hier « une action qui perturbera les routes de l’immigration illégale ». La maire UMP de la ville, Natacha Bouchart, s’est déclarée « soulagée » en rappelant « le sentiment de ras-le-bol et d’abandon » des Calaisiens face à la présence des migrants. Hier, en marge de l’opération, une dizaine de passeurs présumés ont été interpellés.

La « jungle », c’était quoi ?
Située dans une zone industrielle du nord-est de la ville, la « jungle », baptisée ainsi par les migrants eux-mêmes, était le principal campement informel du littoral de la Manche et de la mer du Nord. Proche de parkings propices à l’embarquement clandestin dans les poids lourds, elle était née peu après la fermeture du centre de la Croix-Rouge à Sangatte, fin 2002. Elle s’était structurée au fil des ans du fait du renforcement des contrôles et de la difficulté croissante à passer. Ces derniers mois, elle abritait essentiellement des Afghans de l’ethnie pachtoune. Ils avaient peu à peu érigé des cahutes faites de palettes, de tôle et de bâches, dans de telles conditions d’hygiène qu’une épidémie de gale s’y était déclarée cet été. « Base arrière des passeurs » pour le ministre de l’Immigration, la « jungle » était défendue comme « un toit temporaire » pour « des exilés condamnés à l’invisibilité et l’errance » par les associations. Une douzaine d’autres campements, où transitent une majorité de ressortissants de pays en guerre, sont recensés dans la région.

Que vont devenir ses derniers occupants ?
Quelque 276 étrangers en situation irrégulière, dont 135 se sont déclarés mineurs, ont été interpellés hier. Vingt et un adultes ont été relâchés dans l’après-midi. « Ceux qui refuseront nos propositions (NDLR : asile ou retour volontaire) seront placés en centres de rétention (NDLR : en vue d’une expulsion) », a indiqué Eric Besson, ajoutant que « les mineurs étaient en cours de placement dans 5 centres d’hébergement spécialisés ». Le ministre n’excluait pas l’organisation de « retours groupés » franco-britanniques. Les associations, mais aussi le commissaire européen à la Justice, Jacques Barrot, s’inquiètent de possibles renvois des demandeurs d’asile vers la Grèce.

Coup d’arrêt ou coup d’épée dans l’eau ?
L’annonce de l’opération a conduit la plupart des migrants, soit plusieurs centaines, à déserter les lieux, sans que l’on sache précisément où ils sont allés. Si Paris craint un afflux, les Pays-Bas et la Belgique ont d’ores et déjà signalé être confrontés à un « léger » phénomène de transfert. Pour la Coordination française pour le droit d’asile, la destruction de la « jungle » condamne les migrants à « une errance » faite « de nouvelles violations de leurs droits. » Eric Besson répond destruction systématique des campements et renforcement des frontières de l’Union européenne. L’après-Sangatte avait vu la multiplication des « jungles » et squats de Calais jusqu’à Roscoff ou Cherbourg. De quoi sera faite l’après-« jungle » ?


Le Parisien

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