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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Le Honduras s'enfonce dans la crise

Les partisans du Président Manuel Zelaya, qui est retranché à l'intérieur de l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa, se heurtent à l'intransigeance des putschistes. RSF craint un «bain de sang».

L'imbroglio politique hondurien se prolonge. Le Président Manuel Zelaya, chassé le 28 juin par l'armée et rentré clandestinement il y a une semaine, demeure retranché dans l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa, la capitale. Le leader du parti libéral hondurien (PLH) réclame la restitution de son mandat présidentiel jusqu'aux élections prévues le 29 novembre, ce que refuse la droite nationaliste qui l'accuse d'avoir cherché à modifier la constitution pour se représenter.

Tollé international

Après quelques hésitations qui ont alimenté les rumeurs de soutien américain aux putschistes, la communauté internationale s'est unanimement rangée derrière la légitimité constitutionnelle de Zelaya. Le FMI, la Banque Mondiale, l'Union Européenne et les Etats-Unis ont ainsi gelé leurs financements bilatéraux à destination du petit pays d'Amérique Centrale, très dépendant de l'aide extérieure.

Lors de son allocution mercredi à la tribune de l'Assemblée Générale de l'ONU, le Président brésilien Lula s'est insurgé contre le siège de son ambassade, suivi par le Conseil de sécurité qui, après s'être réuni en urgence vendredi, a mis en garde le gouvernement de Micheletti contre toute tentative de violer l'immunité de l'enceinte diplomatique.

En réponse, Micheletti a choisi de durcir le ton, allant ce week-end jusqu'à fixer un ultimatum de 10 jours au Brésil pour déterminer le «statut» de son invité et «faire cesser les appels à la violence» lancé par Zelaya depuis l'ambassade. Le cas échéant, l'enceinte pourrait perdre sa condition diplomatique, préalable à une intervention militaire. Depuis le Vénézuela, Lula a rétorqué dimanche soir qu'il ne se plierait pas «à un ultimatum de putschistes», ni ne reconnaîtrait des «usurpateurs comme gouvernement intérimaire».

Médiateurs expulsés

La mission préparatoire à la médiation de l'Organisation des Etats américains (OEA), arrivée dimanche, a été en partie expulsée. «Nous avons été détenus à l'aéroport. Il y avait dans l'équipe deux Américains, un Canadien, un Colombien et moi-même», a raconté le Chilien John Biehl, conseiller du secrétaire général de l'OEA, Jose Miguel Insulza. «Nous avons été enfermés pendant six heures (...); comme Chilien, je dois dire que cela m'a rappelé de très mauvais souvenirs», a-t-il ajouté en référence à la dictature d'Augusto Pinochet.

Samedi, Zelaya a encouragé ses milliers de sympathisants à descendre dans la rue : «nous lançons un appel patriotique (...) à la Résistance (...) pour que chaque localité dans chaque département se mobilise vers la capitale, pour que commence une grande marche pour la restitution du pouvoir». Cette marche constituera «l'offensive finale contre le gouvernement de facto», a-t-il ajouté.

Parfum de dictature

Dimanche soir, un communiqué télévisé décrétait des mesures limitant les libertés individuelles: interdiction de «toute réunion publique non autorisée», arrestation de «toute personne mettant en danger sa vie ou celle des autres», «évacuation» des locaux occupés par les manifestants et brouillage de «l'émission par n'importe quel média de programmes portant atteinte à la paix.» Lundi matin, une vingtaine de policiers anti-émeutes et de militaires ont ainsi saisi les locaux de Radio Globo et ont arrêté la diffusion, sans rencontrer de résistance. L'ONG Reporters sans Frontières (RSF) a dénoncé «la chape de plomb inacceptable qui recouvre les événements au Honduras» et condamné «les efforts du gouvernement de facto pour passer sous silence une situation grave.»

Joint par Libération.fr, Benoît Hervieu, de RSF, peine à imaginer une sortie de crise: «la communauté internationale pensait que les élections finiraient par régler tout ça. Mais le scrutin apparait aujourd'hui intenable et on assiste à une stratégie de pourrissement des deux côtés. Dans ce contexte, un bain de sang est possible.»*

 

Libération

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