L'agence pratiquait le fichage ethnique, selon un code, dénoncé par SOS Racisme
Une gérante d'agences immobilières a été condamnée hier par le tribunal correctionnel de Vienne (Isère) à 6 mois de prison avec sursis et 10 000 euros de dommages et intérêts pour avoir pratiqué de 2000 à 2002 le fichage ethnique et la discrimination raciale.
Le procureur avait demandé de 4 à 6 mois d'emprisonnement avec sursis et 5 000 euros d'amende à l'encontre de Martine Blondelet, ancienne dirigeante des agences Mil'im de Lyon, Villeurbanne et Vienne, lors de l'audience le 21 novembre.
La gérante, âgée de 52 ans, a en outre été condamnée à la publication du jugement dans la presse régionale et un magazine spécialisé, et à 1 000 euros de frais de justice au bénéfice de SOS Racisme, partie civile. Mil'im vendait des listes d'appartements à des candidats à la location, qui recevaient pendant six mois des listes de logements correspondant à leurs critères moyennant 160 euros. En 2001, une ancienne salariée de l'agence lyonnaise avait dénoncé à SOS Racisme l'existence d'un double codage ethnique dans l'entreprise. Selon elle, les candidats à la location se voyaient attribuer un numéro en fonction de leur origine ethnique. Les préférences des propriétaires étaient également cryptées : un code 2 signifiait « pas d'animaux » et un code 3 « pas d'étrangers », avait-elle dit à la barre. SOS Racisme avait organisé des testings dans les agences Mil'im de Vienne et Lyon, mais aussi à Saint-Nazaire, Caen, Rennes, Metz, Strasbourg, Mulhouse et Amiens. L'association avait conclu à l'existence d'un système généralisé de discrimination chez Mil'im et déposé en 2003 une dizaine de plaintes avec constitution de partie civile.