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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Le crépuscule du dieu biblique



On m’accordera que je n’ai pas parlé de religion depuis longtemps dans nos colonnes. D’abord parce que, contrairement à ce que croient certains, ce n’est nullement une question qui m’obsède. Ensuite parce que je n’éprouve aucun plaisir à choquer certains lecteurs qui se cramponnent à des convictions héritées, ce qui est parfaitement leur droit et peut-être leur intime besoin. Enfin parce que ce journal est avant tout un organe de combat politique.

Toutefois, il y a des faits de société qu’un journal comme le nôtre ne peut faire semblant d’ignorer. Ayant reçu par le truchement d’Internet « La Lettre de France Catholique » du 17 janvier 2007, commentant un sondage publié par « Le Monde des religions », je me dois de lui faire écho. En effet, « Le Monde des religions » titre : « Seul un Français sur deux se déclare encore catholique. Seul un catholique sur deux croit encore en Dieu. » Le deuxième constat est surprenant, mais Gérard Leclerc remarque avec pertinence dans « La Lettre… » : « La seconde position aurait un air ubuesque si l’on ne comprenait immédiatement que la dénomination catholique se rapporte plus à une culture, un héritage patrimonial qu’à une foi réfléchie à assumer en rapport avec un donné dogmatique qui lui confère sa cohérence… » J’en suis bien d’accord, mais cela confirme que, pour la plupart, les supposés catholiques actuels ne le sont que de nom, et que le fameux « donné dogmatique » de la « foi réfléchie » est dans leur esprit complètement obsolète.

Nul n’ignore que l’Europe tout entière et la France elle-même se déchristianisent à vive allure. Mais ce n’est pas seulement le christianisme qui disparaît, c’est plus encore le déisme, quelle que soit la religion en cause. Les Juifs encore attachés au judaïsme sont une infime minorité, et quoique l’expansion de l’Islam nous inquiète à juste titre, on constate que, chez nous, 12 % seulement des présumés musulmans vont à la mosquée, ce qui serait inimaginable dans un pays arabe, où quiconque se dit athée risque sa vie.

Gérard Leclerc poursuit sa citation : « Non seulement un catholique sur deux ne croit pas ou doute de l’existence de Dieu mais, parmi ceux qui affirment croire, seulement 18 % croient en un Dieu personnel (ce qui est pourtant un des fondements du christianisme), tandis que 79 % croient en une force ou une énergie ».

Donc, au bout du compte, 9 % seulement de la totalité des Français d’aujourd'hui croient au Dieu biblique. Ce « Dieu personnel » a donc perdu toute crédibilité, ce qui est l’inéluctable conséquence de l’exploration scientifique de l’univers, dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit. Le télescope et le microscope ont anéanti le « Dieu personnel » anthropomorphique. Quant à croire « en une force ou une énergie », c’est une formule évidemment dépourvue de toute signification religieuse. L’univers est bourré d’énergie, nous le savons tous, et après ? Ce constat n’a rien à voir avec la foi.

Mais où le rédacteur de « France catholique » me stupéfie, c’est lorsqu’il écrit : « Nous découvrons en effet – et pourtant nous devrions le savoir depuis longtemps – que la cause essentielle de décrochage de la population française n’a qu’une seule explication : l’ignorance, une ignorance crasse, on dirait presque satisfaite d’elle-même… » Or, c’est tout le contraire de la vérité. Car c’est précisément le progrès des connaissances qui a rendu complètement incroyables les fables religieuses. Depuis l’aube de l’Histoire, les deux piliers de toute religion ont été l’ignorance et la peur, sœurs jumelles s’il en fut. Peur de la mort, peur de l’inconnu, peur de l’insondable immensité cosmique, peurs d’ailleurs légitimes, compréhensibles et nullement honteuses tant que l’on ne savait à peu près rien de la formation des astres ou de nos propres cellules. Mais ces peurs ne pouvaient que reculer peu à peu devant le savoir. Non, certes, que la science ait réponse à tout, mais le dieu biblique, lui, ne répondait à rien et n’était qu’une pancarte collée sur le mystère. Aujourd’hui, nous devons reprendre en main notre destinée et complètement reconstruire la civilisation. Et c’est une fois encore la France et l’Europe qui ouvriront la voie par la liberté de pensée.



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