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| Un parrainage d'enfants sans papiers à Attignat
Après Leyment et Bagé-la-Ville, Attignat est la troisième commune de l'Ain à parrainer des enfants « sans papiers » menacés d'expulsion. Dix-sept parrains se sont engagés dimanche matin |
| C'est à Leyment le 14 juillet dernier qu'avait eu lieu le premier parrainage d'enfants immigrés en situation irrégulière, des « sans papiers », et donc expulsables. A l'appel du Réseau Éducation sans Frontières (RESF) de simples citoyens ou des élus avaient pris ce jour là, l'engagement de soutenir individuellement un enfant, d'être présent en cas de problème, de l'héberger le cas échéant, de tout faire pour éviter son expulsion. Ce parrainage s'était fait avec le soutien du maire de la commune qui donnait un caractère officiel à la cérémonie. L'opération avait été renouvelée avec les maires de Bâgé-la-ville et Bâgé-le-Châtel le 17 décembre. Hier c'était au tour d'Attignat de s'engager. La mairie était trop petite pour accueillir familles, parrains, mais aussi militants et sympathisants de RESF. « La République qui affirme ses valeur de fraternité a aussi sa loi, parfois inhumaine » a constaté son maire Bernard Fonteneau pour expliquer son engagement, « la tâche des autorités n'est pas facile, mais tout homme de pouvoir a besoin d'être interpellé par autre chose que des textes. Même si la loi ne vous donne pas le droit de rester, il n'est pas possible de vous condamner à un nouvel exil. Nous voulons signifier aux autorités que l'exclusion de vos familles serait une injustice. Merci d'avoir cru à la tradition d'accueil de la France, patrie des droits de l'Homme ». la France, terre d'asile Un engagement partagé par les dix-sept parrains qui tour à tour ont expliqué pourquoi ils avaient franchi le pas. « C'est notre devoir de combattre une loi inhumaine et injuste » a résumé la conseillère régionale Katia Philippe. D'autres se sont dit « citoyens du monde », ou ont interpellé l'ex-ministre de l'intérieur en se demandant si les immigrés hongrois Sarkozy ne seraient pas renvoyés chez eux aujourd'hui. Le souvenir des enfants d'Izieu était également convoqué pour dire la honte de voir la France renier sa tradition de terre d'asile. Tous ont exprimé des motivations différentes mais en partageant la même indignation devant la sécheresse de décisions administratives ignorant le danger encouru par ces familles dans leur pays d'origine. Ces parrains là, en mettant en lumière des enfants bien intégrés, scolarisés, jouant au foot ou chez leurs petits voisins, et non des numéros de dossier dans une préfecture, ont clairement humanisé le débat dimanche. A l'image de Gérard Boinon, agriculteur et conseiller municipal de Saint-Trivier-de-Courtes, invitant Liana dans sa ferme et lui offrant un livre de contes. En attendant qu'une bonne fée se penche enfin sur les enfants sans papiers. Frédéric Boudouresque Des enfants arméniens, bosniaques et kosovars La famille Kalachian, avec trois enfants Aksana, Nodo, et Liana, 4, 6 et 7 ans, a fui l'Arménie en 2003. A cause de leur appartenance à la minorité Yézidi, il y subissaient des discriminations, menaces et violences. Tous leurs recours ont été rejetés et ils ont été sommés de quitter leur foyer de Saint-Vulbas aujourd'hui. |
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