Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
Photo R. Mouillaud |
>> Les thèmes de l'insécurité, l'immigration ou l'identité nationale sont pris par d'autres. Que vous reste-t-il dans cette campagne ?
Ces thèmes ont fait mon succès parce qu'ils répondaient à une réalité, il y a déjà trente ans. Je n'ai pas attendu Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal pour me déterminer. Je constate que l'esprit public a évolué de telle manière que, pour ne pas se faire larguer en vol, Sarkozy, Royal et Bayrou sont obligés de me rejoindre sur mes positions. Je m'en félicite. Mais je suis persuadé qu'au final les citoyens préféreront l'original à la copie et voteront pour moi.
>> Nicolas Sarkozy a, le premier, brandi des sujets qui vous étaient chers. N'avez-vous pas une certaine affection pour lui ?
Son attitude eût été constructive quand cela figurait dans le programme du RPR en 1986, mais vite abandonné par Jacques Chirac, après avoir fait élire François Mitterrand à la place de son ami Valéry Giscard d'Estaing, comme il fera élire ensuite, Lionel Jospin comme Premier ministre. Nicolas Sarkozy, je ne le déteste pas. Je conteste sa politique et ses choix. Je ne le vois pas stable dans ses positions et je le crois surtout démagogue. Pourquoi ferait-il demain ce qu'il n'a pas fait hier, ni avant-hier ?
>> Sur les sans-papiers, fallait-il arrêter ce grand-père chinois à la sortie d'une école ?
Ce n'était peut-être pas très adroit, mais un grand-père chinois n'a pas plus de droits que quiconque. Où on respecte la loi ou on ne la respecte pas.
>> Faut-il poursuivre les enseignants ou chefs d'établissement qui s'opposent à la police ?
Bien sûr. Ils ne sont pas au-dessus des lois. Ils sont là pour enseigner, pas pour faire la police des frontières ni s'opposer aux forces de l'ordre dans leur travail. Les enfants suivent le sort de leurs parents. Ils les ont emmenés là, ils doivent les ramener avec eux s'ils doivent partir. La France n'a pas de devoir particulier à cet égard.
>> Que signifie pour vous la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ?
Elle dit un certain nombre d'objectifs et de vertus qu'elle propose d'observer. Il y a la liberté, puis, presque son contraire, l'égalité et pour arranger les choses, on a ajouté la fraternité. C'est une devise qui en vaut une autre. C'est honneur et patrie ; valeurs et discipline, tiens voilà du boudin, etc.
>> Faut-il re-nationaliser des entreprises pour lutter contre la mondialisation ?
Je ne le crois pas. Mais il faut établir des frontières douanières de façon à ce que nos entreprises ne soient pas obérées par une concurrence déloyale. Les pays qui exportent vers la France ont des coûts salariaux, fiscaux et sociaux bien différents des nôtres. Ils ont aussi des avantages monétaires, comme la faiblesse du yuan et du dollar. Et nous n'avons pas la possibilité de nous défendre parce que nous n'avons plus de souveraineté ni de frontières ; et parce que l'Europe ne fait rien. Elle est une grande méduse molle à la dérive dans les courants du mondialisme.
>> Le smic doit-il être augmenté ?
Moi je propose que jusqu'à 1,4 fois le smic, l'Etat se substitue aux 8 millions de salariés concernés pour prendre en charge les prélèvements sociaux sur les salaires. De façon à ce que, pour le salarié, le salaire net soit l'équivalent du salaire brut. On ne touche pas au smic, mais on encourage ceux qui travaillent en créant une différence avec ceux qui se contentent de l'assistanat.
>> En un mot, comment définissez-vous vos trois principaux adversaires ?
Royal est la fille spirituelle de Mitterrand ; Sarkozy le fils de Chirac et Bayrou celui de Giscard.
Ils sont tous les trois représentatifs des trois partis responsables du déclin de la France depuis 30 ans. Des responsabilités qu'ils essaient d'esquiver, or, ils sont depuis 30 ans dans la vie politique française.
>> Lequel des trois aurait-il le plus de qualités pour diriger la France ?
C'est au pied du mur qu'on voit le maçon. Mais je trouve Madame Royal un peu « gisquette ». Elle manque de fibre, de dimension pour un chef d'État qui aurait à faire face à des événements graves. Les autres, ce sont des politiciens, des Daladier
Sarkozy a peut-être plus de métier que Bayrou. Mais je ne les vois pas en mesure de redresser la France et d'entraîner les Français dans des réformes décisives qui l'arracherait au marasme.
>> Cette élection marque un changement de génération. Vous êtes toujours là. Ce n'est pas un handicap ?
Pas du tout. Adenauer a gouverné de 77 à 87 ans, et je ne crois pas que les Allemands aient eu à s'en plaindre.
Mon âge n'est donc pas un handicap, bien au contraire, les gens tiennent compte du fait que j'ai une grande expérience et une connaissance des problèmes nationaux et internationaux.
>> Vous pourriez donc encore être là en 2012 ?
C'est une question que je ne me pose pas. Si j'étais élu, peut-être estimerais-je devoir me représenter.
Tout dépend de la conjoncture. Si je savais pouvoir rendre service à mon pays en restant plus longtemps, je le ferais.
>> Si vous n'êtes pas au 2e tour, aurez-vous l'impression d'avoir fait le combat de trop ? Pourquoi cela ?
Dans un match de foot on perd ou on gagne. En politique c'est pareil. Il n'y a pas de combat de trop, d'autant qu'on ne sait jamais à quel moment il s'arrête. Et ce n'est pas moi qui siffle la fin de la partie
Propos recueillis par Manuel da Fonseca
Il faudra d'abord régler le problème de l'immigration et de la nationalité.
Il y a une voie d'eau largement ouverte dans la coque du bateau qui le fait se remplir jusqu'au naufrage, je souhaite qu'elle soit obstruée avant qu'il ne soit trop tard. Il faudra pour cela couper les pompes aspirantes, c'est-à-dire établir la préférence nationale et faire en sorte que le monde sache que la France ne peut plus assurer la subsistance des étrangers.
Pour faire avancer le bateau, il faudra relever le gréement. C'est-à-dire fournir du travail à ses concitoyens.
Pour cela il faudra que les instruments de formation, les écoles, les universités, soient suffisamment performants pour tenir leur rang dans la compétition internationale.
Cela suppose de reconquérir sa souveraineté ; celle de la gestion publique et de ses frontières, pour être maître chez soi.
C'est vrai que dans un pays où le président élu pourtant à plus de 80 % n'a pas été capable de baisser le taux de la TVA sur la restauration, les moyens d'agir sont limités.