Quelques minutes après l'annonce de l'élection de Nicolas Sarkozy, quelques sympathisants de gauche et d'extrême-gauche se sont retrouvés sur la place Bellecour pour manifester leur hostilité. Quelques jeunes militants UMP, portant des tee-shirts à la gloire de Nicolas Sarkozy, ont alors été pris à partie.
« On vient de m'arracher mon tee-shirt. Je trouve cela scandaleux de ne pas pouvoir exprimer mes opinions politiques », s'est indigné un adolescent victime de ces agissements. Les « anti-sarko » ont se sont ensuite rendus à proximité de la péniche où plusieurs centaines de militants UMP fêtaient la victoire de leur candidat. Des cannettes de bières ont été jetées du pont Wilson en direction de la péniche et des injures ont fusé avant que les gendarmes mobiles interviennent pour disperser les manifestants. Ce fut le début du jeu du chat et de la souris entre les forces de l'ordre et les 600 manifestants, qui a duré toute la nuit.
Sur la place des Terreaux, un jeune a installé un drapeau rouge sur la statue de Bartoldi sous les applaudissements d'une foule chauffée à blanc. Sur les quais de Saône, quelques casseurs avaient infiltré le cortège. Un de nos reporters photographe a été agressé par une équipe très mobile, venue pour en découdre. En fin de soirée, certains manifestants ont multiplié les provocations contre les forces de l'ordre. Vers 23 h 00, une dizaine de policiers ont été légèrement blessés à la suite de jets de projectiles et vingt personnes interpellées. De nombreuses vitrines ont été brisées, notamment dans le centre-ville. Place Bellecour, dont les accès avaient été bloqués par les CRS et les gendarmes mobiles, les manifestants ont été dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes et des fusées éclairantes. La banlieue lyonnaise était restée plutôt calme.
Hier, vers minuit, les autorités comptabilisaient une dizaine de voitures brûlées à Vénisseux et dans le huitième arrondissement de Lyon. Le ministre des Transports, Dominique Perben, candidat UMP pour les municipales, a condamné « très fermement » ces incidents, jugeant « inadmissible » de ne pas respecter le choix des électeurs.