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| Interpellé par les douanes de Clermont-Ferrand sur l'aire d'autoroute de Lorlanges le 17 avril, le trio transportait cent grammes de cocaïne et autant d'héroïne. Partis de la région d'Agde, l'homme et les deux femmes venaient de faire leurs emplettes en Hollande. Le voyage retour s'est terminé en Haute-Loire. |
| A quelques kilomètres près, ils échappaient à cette comparution devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay. Le hasard voudra pourtant que, le 17 avril, la brigade des douanes de Clermont-Ferrand réalise une opération sur la portion de l'A 75 qui écorne le Brivadois. Sur l'aire de repos de Lorlanges, les fonctionnaires mettront un terme à l'escapade vers Rotterdam de trois individus domiciliés dans l'Hérault. Après une fouille dans les règles du véhicule et de ses occupants, les fonctionnaires trouveront près de cent grammes de cocaïne, autant d'héroïne et un peu de cannabis. La machine s'est aussitôt mise en marche. Le parquet de la Haute-Loire a avisé celui de Béziers afin qu'il se saisisse de l'affaire. Déception. Dans le Languedoc-Roussillon, des poissons beaucoup plus gros prolifèrent, un tel coup de filet ne mérite pas de se lancer dans des investigations. En clair, il revenait au procureur altiligérien de se débrouiller avec sa capture. Faute d'éléments supplémentaires, le dossier a été bouclé en quelques heures. Le trio a refusé le système de la comparution immédiate, faisant valoir son droit à prendre le temps de préparer une défense. Placés en détention provisoire à la maison d'arrêt de La Talaudière, l'affaire a été jugée hier après-midi. Chacun un rôle A la barre, Laurence Ghibellini. Âgée de 36 ans, elle alterne les saisons dans les vignobles de Pommerol avec d'autres petits boulots le reste de l'année. Toxicomane, c'est elle qui a financé l'expédition vers la Hollande. A qui étaient destinés les 3 200 euros de drogue achetés sur place ? « 3 000 euros pour ma consommation personnelle en France. Le reste a servi à subvenir à nos besoins en coke sur place, dans la chambre d'hôtel ». Sa coprévenue, plus jeune de dix ans, n'a pas tenu la même version. Si elle s'est décrite comme une simple consommatrice fauchée, ayant profité du voyage pour consommer à moindre frais, l'intéressée serait par contre une trafiquante de drogues dures dont les stocks s'amenuisaient. Devant les juges, la mise en cause par cet aveu a fusillé du regard sa voisine. Reste le troisième, l'homme de l'équipe. D'origine marocaine et ne parlant pas le français, Abdelkader Belahbib séjournait en Espagne avant d'attérir dans le sud de la France sans papier. Contre la somme de 1 000 euros, c'est lui qui devait conduire la voiture et servir d'intermédiaire dans cette ville des Pays-Bas qu'il connaît bien. Devant les juges, il s'est d'ailleurs défendu de cette dernière affirmation, déclarant par le biais de son interprète n'y avoir jamais mis les pieds. Pas de quoi faire changer l'opinion du ministère public qui reste convaincu : ce genre de voyages n'est pas une première, d'autres ont précédé. « Cette Hollande, l'Eldorado des drogues » Pour la défense de Laurence Ghibellini, Me Frédérique Souchon-Vacheron a alors tenté de démontrer que la théorie du commerce bien rodé ne tient pas. « Si c'était une trafiquante habituelle effectuant régulièrement des voyages à Rotterdam, pensez-vous qu'elle aurait besoin de deux sbires ? ( ) Il faut juste considérer ce voyage comme une expédition regrettable entre consommateurs désireux de se rendre dans cette Hollande, l'Eldorado des drogues » a conclu l'avocat du barreau de Saint-Étienne. En état de récidive, car déjà condamnée dans une affaire de stupéfiants en 2005, Laurence Ghibellini a écopé de deux ans de prison ferme. Abdelkader Belahbib a été condamné à dix-huit mois ferme assortis d'une interdiction du territoire français pour une durée de dix ans. Neuf mois de prison dont huit avec sursis ont été prononcés à l'encontre du troisième membre de la bande. Ayant déjà effectué un mois de préventive, le jeune femme est libre aujourd'hui. Quant aux amendes douanières, elles dépassent les 13 300 euros. CHRISTOPHE BOUYER |
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