| Bruno Mégret, le président du Mouvement national républicain (MNR), était la semaine dernière à Besançon pour soutenir les huit candidats francs-comtois de son parti, dont les trois Jurassiens. Ils sont en tout près de 450, sous l'étiquette « MNR-Alliance patriotique ». Sur 72 circonscriptions, il a souscrit un accord égalitaire avec le MPF de Philippe de Villiers, l'un et l'autre ne s'opposant pas. Mais dans le Jura, Jean Hoëllard sera face à Jean-Louis Millet, le maire de Saint-Claude. Bruno Mégret n'est pas rancunier. Sans contrepartie, il a soutenu Jean-Marie Le Pen à la présidentielle, et ce dernier, à l'approche des législatives, ne lui lâche rien. « Nous avons fait des propositions de candidatures uniques au FN, elles n'ont pas été acceptées. Unilatéralement, nous avons décidé de ne pas présenter de candidats devant une quinzaine de dirigeants nationaux du FN. Mais Jean-Marie Le Pen en a placé un face à moi, dans les Bouches-du-Rhône » explique Bruno Mégret. « Petite coterie » Pour Bruno Mégret, « nos idées, pour la première fois sont majoritaires en France, même si les électeurs ne se sont pas portés sur le candidat qui les incarne ». Nicolas Sarkozy ? « Il a été élu avec nos idées et les voix de la droite nationale, et il ouvre son gouvernement à la gauche socialiste ! Il se dit contre l'entrée de la Turquie dans l'Union, et nomme un ministre des Affaires étrangères qui est pour (...) Ce n'est pas un homme de conviction ». Donc, le patron du MNR a un grand projet. « Il faut un congrès d'Epinay de la droite nationale. Le MNR est le mieux placé pour jouer le rôle de catalyseur, car il a entrepris lui-même ce travail de refondation ». Son parti pèse dix fois moins que le FN, Le Pen le nargue, et Bruno Mégret reste zen. « Je suis très sensible à l'opinion des électeurs et des sympathisants du FN, qui sont proches de nous et de notre démarche d'union. Si celle-ci ne se concrétise pas, c'est à cause d'une petite coterie à la tête du FN dirigée par Marine Le Pen », dit-il. En attendant, il annonce, pour les législatives, « une campagne de terrain, là où sont les Français, une campagne de militants ». Les candidats francs-comtois ont bien noté. Jean-Claude Bonnot |