Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
/http%3A%2F%2Festb.msn.com%2Fi%2FB2%2F56F3FB7A1B675A761078E6ABCB52B6.jpg)
par Jason Webb
MADRID (Reuters) - Le mouvement indépendantiste basque ETA annonce qu'il mettra fin ce mardi à minuit à son cessez-le-feu en vigueur depuis le mois de mars 2006 et met en garde le gouvernement espagnol contre de nouvelles opérations "sur tous les fronts".
"Les conditions minimales pour la poursuite d'un processus de négociations ne sont pas réunies", explique l'ETA dans un communiqué diffusé mardi par le journal basque Berria.
"ETA souhaite annoncer qu'il abandonne son cessez-le-feu permanent pour agir sur tous les fronts dans la défense d'Euskal Herria (le nom basque du Pays basque)", poursuit le communiqué.
Les clandestins, qui luttent pour l'indépendance du Pays basque depuis quarante ans, accusent le gouvernement espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero d'avoir répondu à leur trêve "par des arrestations, des tortures et des persécutions".
Zapatero a rappelé que le cessez-le-feu avait déjà été rompu en décembre par l'ETA, laquelle avait déjà rompu une trêve antérieure, en 1999. "La décision de l'ETA va absolument à l'encontre de ce que la société basque et espagnole réclame: la voie de la paix", a-t-il dit aux journalistes.
L'ETA avait unilatéralement décrété une trêve en mars 2006 et l'avait maintenue malgré la mort de deux personnes dans un attentat perpétré à l'aéroport de Madrid-Barajas en décembre dernier. A l'époque, ETA avait affirmé que l'attentat ne devait pas faire de victimes et qu'il s'agissait d'obtenir des concessions du pouvoir central.
"FOLIE ET BARBARIE"
Selon de nombreux médias espagnols, la rupture officielle de la trêve, largement anticipée par les pouvoirs publics, pourrait augurer d'une attaque d'envergure imminente de la part des séparatistes basques.
"ETA a repris ses vieilles habitudes et table sur la folie et la barbarie", a réagi Javier Madrazo, élu de gauche au gouvernement régional basque.
L'annonce de l'ETA, largement anticipée par les services de sécurité espagnols, pourrait signifier qu'un attentat de grande envergure est imminent, estiment aussi certains analystes. "Ils vont probablement commettre des attentats, il est possible qu'il y ait des assassinats", a estimé Pello Salaburu, ancien recteur de l'université du Pays basque. Selon lui, les etarras ne comprennent pas à quel point la population les déteste. "Ils vivent sur une autre planète", résume-t-il.
A la mi-2006, le gouvernement Zapatero avait engagé des discussions exploratoires en vue d'un possible processus de paix au Pays basque. Ces contacts ont été rompus à la suite de l'attentat de Madrid-Barajas. Du moins officiellement - le quotidien ABC a affirmé récemment que deux diplomates de Madrid avaient rencontré secrètement des représentants du mouvement séparatiste basque en avril dans une ville européenne.
Madrid dit vouloir rechercher une solution négociée au problème basque mais n'ouvrira de discussions que si ETA rompt avec la lutte armée.
La fin du cessez-le-feu est une mauvaise nouvelle pour Zapatero, que l'opposition de droite accuse depuis des mois de laxisme sur le dossier basque.
En près de quarante années d'existence, ETA a tué plus de 800 personnes au nom de sa lutte pour l'obtention de l'indépendance du Pays basque. Mais les centaines d'arrestations menées de part et d'autre des Pyrénées par les forces de sécurité espagnoles et françaises auraient sérieusement affaibli les structures du mouvement clandestin, à en croire les services.
Le parti Batasuna, considéré comme la vitrine politique d'ETA, n'a pu parallèlement présenter de candidats aux élections régionales du mois dernier en vertu d'une décision de justice.
Lorsqu'il annonça la première fois son intention d'ouvrir des pourparlers de paix, Zapatero avait promis de laisser les électeurs du Pays basque trancher la question de leur avenir.
Attendu que seule une minorité de Basques souhaite l'indépendance, la plupart des observateurs s'attendaient à ce qu'un éventuel accord de paix ouvre la voie à une autonomie régionale légèrement renforcée et à la libération de détenus basque.