Les pompiers grecs tentaient samedi pour la troisième journée consécutive de maîtriser l'incendie qui a ravagé le parc naturel du Mont Parnès, aux portes d'Athènes, et restaient mobilisés sur une dizaine de fronts à travers le pays, chauffé à blanc par une longue canicule.
Sur le Mont Parnès, un massif boisé à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d'Athènes, "la situation est stabilisée mais il y a encore des fronts ouverts, il faut espérer que le vent, qui pour le moment souffle assez fort, va se calmer", a déclaré un porte-parole des pompiers.
Le ministre de l'Ordre public, Vyron Polydoras, a lui fait part d'une amélioration de la situation à l'issue d'une réunion dans la matinée avec le Premier ministre Costas Caramanlis.
"Nous espérons pouvoir placer le feu sous contrôle partiel", a-t-il affirmé, sous un ciel redevenu bleu, après avoir été la veille obscurci par un nuage de fumée accompagné d'une prégnante odeur de brûlé.
Cinq avions, deux hélicoptères, 210 pompiers et 300 soldats étaient mobilisés sur ce sinistre.
Selon un premier bilan de la télévision publique Net, quelque 2.500 hectares de forêts de pins sont partis en fumée depuis jeudi dans la zone, un des derniers poumons verts d'une capitale bétonnée et polluée.
Le parc, de 3.816 hectares, a été en grande partie détruit avait affirmé vendredi le chef des gardiens du site, George Amorgianiotis sur une autre télévision, tandis que la section grecque de WWF s'émeuvait d'un désastre écologique.
Les quotidiens estimaient samedi qu'il s'agissait d'un des pires sinistres de la dernière décennie, sous des photos en une de cadavres carbonisés de daims rouges, une des espèces abritées par le parc.
Accusé par l'opposition de n'avoir pas organisé une riposte assez rapide et efficace, M. Polydoras a affirmé que les autorités entameraient sans tarder la reforestation, et empêcheraient toute spéculation immobilière sauvage sur les zones sinistrées, une pratique très répandue en Grèce.
Le ministre a également fait état d'une stabilisation des fronts en Thessalie, au centre du pays, où deux hommes avaient péri piégés par les flammes mercredi, et dans la région touristique et boisée du Pilion, dans le nord-est de la Grèce.
Au total, 210 pompiers et 200 soldats, assistés de trois avions et deux hélicoptères, luttaient contre ces feux.
D'importantes forces restaient également mobilisées pour prévenir toute reprise sur 11 autres incendies à travers le pays, placés "sous contrôle" selon la cellule de coordination des pompiers.
Dans l'immédiat, aucun des sinistres ne menaçaient de zones habitées, a précisé ce service.
La vigilance était aussi de mise sur plus de la moitié sud-orientale du territoire, notamment en Crète et dans les îles du Dodécannèse, au vu d'une montée en puissance locale des vents annoncée par la météo, ont indiqué les services de la Protection civile.
Le pays avait commencé à flamber mercredi, alors qu'il suffoquait sous une canicule d'une durée exceptionnelle, qui a fait monter le mercure à plus de 45° et provoqué la mort de douze personnes.
Selon le gouvernement, plus de 300 foyers ont été enregistrés jusqu'à vendredi, en dépit d'un retour progressif des températures aux normes saisonnières, avec des maximales samedi autour de 30°.