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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Lycée Alfred-de-Musset : Abdelilah pourra passer son bac


Le jeune Marocain a obtenu un titre de séjour d'un an qui lui permet de poursuivre ses études. Le personnel de l'établissement et ses camarades de classe, très mobilisés, s'autorisent à partir en vacances sereins

«Nous redoutions la fin de l'année scolaire pour Abdelilah. Nous avions vraiment peur que la décision du tribunal administrative tombe pendant les vacances, alors que la mobilisation serait évidemment moins forte.» Après plusieurs semaines d'inquiétude, le soulagement était sur tous les visages hier midi, alors qu'Abdelilah avait mis les petits plats dans les grands pour remercier le personnel du lycée Alfred-de-Musset de l'avoir soutenu.
Autour de lui, le proviseur Jean-Pierre Corduant, le proviseur adjoint, le conseiller principal d'éducation, la documentaliste, des professeurs, des surveillants Tous se sont mobilisés pour soutenir Abdelilah dans sa demande d'obtention de titre de séjour. Des manifestations, des pétitions, des courriers, dans lesquels ils soulignaient le sérieux et le bon état d'esprit du jeune élève de première MEI (Maintenance des équipements industriels).
Après toutes ces démarches, et un ultime recours auprès du tribunal administratif, le délibéré est tombé mercredi dernier sous forme d'un recommandé dans la boîte aux lettres d'Abdelilah : il a obtenu un titre de séjour d'un an, lui permettant de poursuivre ses études et de passer son bac MEI. «A priori, ils ont retenu les liens forts qu'il a tissés en France, son insertion sociale parfaitement réussie et sa scolarité exemplaire», souligne Thierry Sanchez, le CPE, qui a suivi Abdelilah du début à la fin de ses démarches.

De pression en pression
Hier, ému, Abdelilah peinait à trouver ses mots : «Je vous remercie tous de m'avoir aidé. C'est une nouvelle vie qui commence pour moi. J'espère que je ne vous décevrai pas.» Pourtant, tous mettent beaucoup d'espoir dans la scolarité d'Abdelilah, qui a encore obtenu, au second semestre, les félicitations du conseil de classe. «Tu t'es aidé toi-même en étant un bon élève, bien intégré. En remerciement, offre-nous au moins une mention bien au bac. Tu es en mesure de l'obtenir», annonçait le proviseur Jean-Pierre Corduant au nom de tout l'établissement. En attendant, Abdelilah avoue qu'il va essayer de souffler un peu après une année à rebondissements. «Normalement, la Préfecture a deux mois pour me délivrer mon titre de séjour. J'espère l'avoir avant la rentrée pour passer quelques jours au Maroc, rendre visite à mes frères et soeurs, et surtout ma mère. Je ne l'ai pas vue depuis six ans.» Ensuite, Abdelilah travaillera pour gagner un peu d'argent. Et débutera sa terminale MEI avec beaucoup d'espoirs et un peu de pression mais cette fois-ci, ce sera une pression positive.

Céline Bonnaud
cbonnaud@leprogres.fr



Un long chemin jusqu'au titre de séjour

Abdelilah Kaddouri arrive en France en 2001 de son village d'origine : Oujda, au Maroc. Il a alors 15 ans et rejoint son père qui habite et travaille en France depuis de nombreuses années, alors que sa mère, ses cinq frères et sa soeur restent au Maroc.
Il commence sa scolarité au collège Raoul-Dufy, dans le 3e arrondissement de Lyon, dans une classe d'adaptation où il apprend le français. Il suit ensuite une 4e, puis une 3e. Il obtient son brevet. Après un BEP électrotechnique à Bron, il arrive en septembre 2006 au lycée Alfred-de-Musset, en première MEI (maintenance des équipements industriels). Abdelilah a aujourd'hui 21 ans.
A sa majorité, en 2003, son père fait une demande de regroupement familial. Demande rejetée fin 2005 par la préfecture du Rhône, pour cause de ressources insuffisantes de son père, au chômage depuis mi-2005.
En décembre 2006, soutenu par la Cimade, il fait une demande de «titre de séjour au motif de la vie privée et familiale». La Préfecture rejette sa demande le 13 mars 2007, l'assortissant d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois.
Le 12 juin, le tribunal administratif annule le refus de titre de séjour de la Préfecture, et l'obligation de quitter le territoire français, et enjoint au Préfet de délivrer à Abdelilah un titre de séjour mention «vie privée et familiale» d'une durée d'un an, dans un délai de deux mois.

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