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Eric Cabanis AFP/Archives ¦ La cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Orientales a condamné vendredi quatre gitans à des peines allant de 7 ans de prison à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre en 2005 à Perpignan de Mohamed Bey Bachir, un Franco-Algérien de 28 ans, et a acquitté le cinquième accusé.
La cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Orientales a condamné vendredi quatre gitans à des peines allant de 7 ans de prison à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre en 2005 à Perpignan de Mohamed Bey Bachir, un Franco-Algérien de 28 ans, et a acquitté le cinquième accusé.
Après un délibéré de cinq heures, les jurés n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocat général Michel Legrand qui avait demandé jeudi des peines comprises entre 4 à 5 ans de prison et 30 ans de réclusion criminelle contre les cinq accusés, aujourd'hui âgés de 18 à 41 ans.
Le verdict a été accueilli dans le calme.
Mohamed Bey Bachir était mort le 22 mai 2005, battu à mort par un groupe de gitans dans un petit café proche du marché du quartier populaire de Saint-Jacques, dans le vieux Perpignan.
Tout avait commencé par la dégradation de son véhicule par un jeune gitan, suivie d'une altercation avec les frères aînés de ce dernier. Au cours de ce premier échange de coups, Giovanni Cargol, l'un des accusés, avait été blessé d'un coup de couteau au visage et une course-poursuite entre Bey Bachir et un groupe croissant de gitans s'était terminée par la bastonnade mortelle.
Ce meurtre avait provoqué de vives tensions entre les communautés maghrébine et gitane de la ville. Quelques jours après, un second meurtre, celui d'un Marocain de 42 ans pour une rivalité amoureuse, avait entraîné de violentes émeutes.
Vendredi, après sept jours d'un procès à huis-clos, David Rufer, 21 ans, dont la présence sur les lieux du drame n'avait pas été formellement établie par l'enquête, a été acquitté bien qu'une peine de 18 ans ait été requise contre lui.
Justin Paul Ximenez, 41 ans, qui avait, à coups de chaîne, ouvert aux meurtriers la voie du café où la victime s'était réfugiée et contre lequel 30 ans avaient été requis, a été condamné à 18 ans de réclusion.
Giovanni Cargol, 28 ans, l'un des auteurs de la bastonnade mortelle, s'est vu infliger une peine de 15 ans. L'avocat général avait demandé aux jurés de le condamner à 18 ans de réclusion.
Le mineur a pour sa part été condamné à 10 ans. L'avocat général avait dit tenir compte de son âge pour requérir 12 ans de réclusion à son encontre.
Le cinquième accusé, Paul Sanchez, 33 ans, qui avait tiré du coffre de sa voiture une barre de fer ayant servi au meurtre, a été en revanche condamné à 7 ans de prison alors que l'avocat général avait requis contre lui de 4 à 5 ans, considérant qu'il "ne pouvait être établi qu'il savait, en fournissant l'arme, qu'elle serait destinée à tuer".
Après le verdict, les avocats de la partie civile, comme ceux des gitans, ont relevé "l'équilibre" des peines prononcées et même un "verdict d'apaisement" pour les relations entre les communautés gitane et maghrébine de la ville, un temps dressées l'une contre l'autre.
Soulignant l'"excellente" conduite des débats par le président Jean-Pierre Masia, ils ont laissé entendre que leurs clients n'interjetteraient pas appel d'un verdict "bien rendu".
Mais ce sentiment n'est pas partagé par la famille de Mohamed Bey Bachir, notamment son frère aîné M'ahmed et sa soeur aînée Aïcha, qui se sont insurgés à la sortie du tribunal contre des "peines ridicules" après "un acte indigne de barbarie lâche", "un massacre".
"Il aurait fallu des peines exemplaires pour mettre un stop à la violence", a estimé M'ahmed. "Personne n'est à l'abri de se faire lyncher dans la rue", a conclu Aïcha.