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ANTES (Reuters) - Trois marins d'un cargo arraisonné par la Marine française avec de la cocaïne à bord en juin 2002 ont été condamnés en appel à des peines allant de 12 à 20 ans de réclusion criminelle. Le Winner, battant pavillon cambodgien, avait été arraisonné le 13 juin 2002 au large des Canaries. Environ 80 kg de cocaïne avaient été récupérés en mer par les militaires français, mais le Winner en transportait au moins "deux tonnes", estiment les enquêteurs. La majeure partie de la cargaison aurait été jetée en mer avant l'arraisonnement.
Jeudi, l'avocate générale Brigitte Ernoult-Cabot avait réclamé à la cour d'assises spéciale de Loire-Atlantique entre 18 et 20 ans de réclusion criminelle pour les trois marins, sans faire de distinction entre eux.
Considéré comme "un élément-clé" du trafic par le parquet, le capitaine grec du Winner Georgios Boreas a finalement écopé de vingt ans de réclusion criminelle, la même peine qu'il avait eue en première instance, en mai 2005, devant la cour d'assises spéciale de Rennes.
"Complément indispensable" du capitaine et "gardien du temple" (il détenait les clés des caisses contenant la cocaïne), le chef-mécanicien chypriote Symeon Theophanous a lui été condamné à 17 années de réclusion criminelle, contre 18 en première instance.
Enfin, un matelot chilien a écopé de 12 années de réclusion criminelle, contre 10 à Rennes. Guillermo Sage Martinez était en réalité, selon l'avocate générale, le "représentant des acheteurs espagnols " à bord du Winner.
"Il s'agit d'une organisation criminelle tripartite, avec des vendeurs sud-américains, des transporteurs grecs et des acheteurs espagnols", avait expliqué Brigitte Ernoult-Cabot.
La cocaïne devait être débarquée à Tenerife, la plus grande des îles de l'archipel espagnol des Canaries. Le Winner avait finalement été dérouté sur la base militaire navale de Brest, où il stationne toujours.
"Il y aura bien évidemment pourvoi en cassation ", a déclaré à l'issue du procès Franck Boezec, avocat du capitaine du Winner.
"Il y a eu dans ce dossier des difficultés procédurales majeures. Par exemple, la traduction a été faite par des policiers durant l'instruction. Le président de la cour d'assises a également refusé que soit retranscrit sur le procès-verbal les maltraitances des militaires à l'égard des marins."
En première instance, le cuisinier du Winner Sergio Antonio Cabrera Leon, qui n'avait pas fait appel, avait été condamné à trois ans de prison. Les sept autres marins avaient été acquittés, la cour d'assises spéciale de Rennes estimant qu'ils avaient agi sous la contrainte. Les deux armateurs grecs du cargo, Costas Séïtis et Aristidis Kotsorès, avaient eux été condamnés en 2004 à Athènes à la réclusion à perpétuité.