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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Augmentation de la baguette : le prix du blé a bon dos

Les cours du blé s'envolent à travers la planète. Cette inflation spectaculaire n'est pourtant pas seule responsable de la hausse annoncée du prix du pain. Cette question n'est pas aussi simple


Sortez vos calculettes. Le prix du blé est passé, entre 2006 et 2007, de 100 euros à 200 euros la tonne.
Sachant que l'on réalise, à partir d'une tonne de blé, une moyenne de 5 000 baguettes standards, la hausse du cours de cette céréale peut-elle être tenue pour seule responsable d'une augmenta-tion de cinq centimes du prix de ladite baguette en boulan-gerie ? Les méthodes de calcul sont nombreuses, les estimations divergent entre les acteurs de la filière, mais la réponse est toujours la même : non.
L'idée que le moindre sou-bresaut dans les cours du blé peut, comme c'est le cas pour le pétrole, avoir un impact significatif sur le porte-monnaie des consommateurs a pourtant la vie dure. Et cela exaspère les céréaliers : « On entend beaucoup de bêtises à ce sujet mais la variation des prix des céréales ne peut pas avoir l'incidence qu'on lui prête. Les céréaliers ne font pas fortune et si le pain augmente c'est que d'autres que les paysans ont élevé leurs tarifs », résume Emmanuel Godard, conseiller céréalier à la chambre d'agri-culture du Rhône. La balle est dans le camp des boulangers : « Effectivement, ce n'est pas le prix de la farine qui fait, à lui tout seul, aug-menter le prix du pain. La farine, ce n'est que 12 à 14 % du prix de la baguette. En réalité, nous avons subi une hausse globale de toutes nos matières premiè-res. C'est valable pour les produits laitiers, par exemple, mais aussi sur l'emballage : lors de ma dernière commande, j'ai subi une augmentation de 12 % de la part de mon fournisseur. Je dois répercuter cette hausse et je vais augmenter mes prix à la rentrée », reconnaît Philippe Jocteur, qui gère une bou-langerie à l'Ile Barbe et à Paris.
Jean Tardy, pour la chambre syndicale des boulangers du Rhône, va dans le même sens : « Nous nous étions engagés à ne pas augmenter nos prix lors du passage à l'euro. Cela fut fait mais il ne faut pas oublier l'effet 35 heures : les repos augmentent et nous devons faire appel à davantage de personnel. Cela joue beaucoup car pour ce qui est du prix de la farine, il ne faut pas croire que les meuniers aient profité de la situation ». Cette mesure dans la répercussion des hausses des cours, Joseph Nicot la confirme : « Pour l'instant, nous n'avons répercuté que 30 à 50 % de cette hausse historique du prix du blé. Elle est tellement importante qu'il est tout simplement impossible que nous ayons pu en profiter pour augmenter nos marges au passage, bien au contraire », se défend le président national des meuniers, poids lourd régional avec ses moulins de Saône-et-Loire, du Jura, de Savoie et de Isère, qui produisent 80 000 tonnes de farine chaque annnée.
Boulangers, meuniers et céréaliers ne se renvoient pas la balle : ils constatent un phénomène qui leur échappe. Le marché du blé, en France, est une affaire mondiale depuis la réforme de la politique agricole commune. Une sécheresse en Australie, une demande qui explose en Chine et en Inde et voilà les cours qui s'envolent. La demande fait grimper, mécaniquement, les prix. Les paysans voient certes augmenter leurs revenus, mais pour « revenir à un prix rémunérateur qui évite de voir des céréaliers disparaître ou devoir se diversifier », témoigne l'un d'entre eux. Les meuniers répercutent, dans la mesure du possible. Et les boulangers font de même, en prenant en compte l'augmentation générale de leurs charges. Quant au consommateur, en bout de chaîne, il constate.

Jean-Philippe Vigouroux
jpvigouroux@leprogres.fr

 


Les raisons d'une hausse

 

Les cours s'affolent : 150 puis 200 euros la tonne ces derniers jours. La hausse du prix du blé est historique, mais quelles sont les raisons ? Le climat, d'abord, comme toujours en agriculture. Une sécheresse de grande ampleur en Australie l'année dernière, les pluies cette année : la météo a joué le rôle de déclencheur. Le catalyseur, ce fut l'explosion, en un rien de temps, de la demande de blé en Chine et en Inde. Il n'en fallait pas davantage pour épuiser les stocks et même voir la demande dépasser l'offre. Dernier élément, dont l'impact va aller crescendo, le développement des biocarburants. Le blé et le maïs sont les mieux placés pour produire de l'éthanol. L'année dernière, les Etats-Unis ont utilisé l'équivalent de la production européenne de maïs, simplement pour en faire de l'énergie verte. Le blé suit le même chemin, la raréfaction de cette céréale de base va donc s'amplifier pour l'industrie, au détriment de l'alimentation. Conclusion : il va falloir planter davantage de blé. Mais où ?

J.-Ph. V.

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