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Jean Ayissi AFP/Archives ¦ Marc Audiffren et Ludovic Aubriot à l'ouverture du procès de leurs agresseurs présumés le 12 septembre 2007 à Evry
Des peines de sept et de huit à dix ans de prison ont été requises lundi devant le tribunal correctionnel d'Evry contre les trois principaux agresseurs présumés de deux CRS, le 19 septembre 2006 dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne). Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 1er octobre.
Une peine de huit à dix ans a été requise contre Bachirou Tandjigora, 21 ans, formellement reconnu par l'un des policiers, ainsi que contre Mounir Labidi, 23 ans, surnommé «le boxeur». Sept ans de prison ont été requis contre Bianca N'Gobila, 19 ans.
Le procureur, Rodolphe Jarry, s'en est remis à l'appréciation du tribunal pour les deux autres prévenus poursuivis pour les violences, Karim Boutahrifa -s'estimant dans «l'incapacité de prouver sa culpabilité»- et Mehdi Bouharel, âgés respectivement de 18 et 19 ans. Pour ce dernier, surnommé «Pistache», le représentant du ministère public a toutefois requis une peine de trois ans de prison pour les dégradations sur la voiture des CRS et pour avoir menacé de mort en garde à vue T., mineur au moment des faits, qui doit comparaître le 12 octobre devant le tribunal pour enfants, avec un second mineur.
Enfin, trente mois de prison ont été requis contre Ahmed Aimad, 23 ans, pour les dégradations sur la voiture des policiers, et six mois de prison contre Abderazak Harem, 20 ans, pour avoir menacé le mineur T. en garde à vue.
«Chape de plomb»
Tout au long de ce procès, qui a commencé mercredi, les prévenus n'ont eu de cesse de nier les faits qui leur sont reprochés, parfois au point de s'empêtrer dans des explications portant sur des points de détails, sans rapport direct avec les faits.
En entamant son réquisitoire, Rodolphe Jarry a rappelé «la chape de plomb» qui règne autour de ce dossier, évoquant le «choc» entre la «loi parallèle du silence», et la «loi de la République».
Ainsi s'explique l'anonymat requis par l'un des principaux témoins des faits, qui a été entendu vendredi matin par le tribunal via un dispositif de visioconférence rendant impossible son identification.
«Les dires du témoin X ont été corroborés à de multiples égards», a insisté le procureur, prenant à rebrousse-poil l'argumentation de la défense, qui met en cause sa fiabilité et sa crédibilité.
«Intrinsèquement, il (le témoin X) dit des choses impossibles», a quant à lui dénoncé Me Eric Plouvier, premier à monter au créneau contre les témoignages anonymes, dès la mise en examen de son client il y a près d'un an. «On ne peut pas faire la justice avec des ragots», a-t-il tempêté.
Il a ainsi tenu à mettre en rapport les différentes déclarations de T., qui a mis en cause son client avant d'être moins affirmatif, déclarant notamment avoir peur «d'envoyer des innocents en prison».
«Les faits (reprochés à son client ,Mounir Labidi,) ne sont pas établis», a-t-il conclu, plaidant la relaxe.
Pointant les mensonges et les différentes versions des faits, parfois à charge contre certains prévenus, livrées par le mineur T., Me Karine Bouden a dénoncé le fait que «ses paroles deviennent parole d'Evangile», «quand il met en cause Mehdi» (Bouharel, son client).
© 2007 AFP