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Nucléaire: la France critiquée après avoir annoncé une situation de "tension extrême" avec l'Iran


Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradei, le 17 septembre 2007 à Vienne
La France a lancé une offensive diplomatique pour faire plier l'Iran sur son programme nucléaire, suscitant lundi une vive réaction de Téhéran mais aussi la désapprobation de certains de ses partenaires et de l'AIEA pour avoir évoqué un risque de "guerre".
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner avait suscité dimanche soir la surprise avec une déclaration-choc sur l'Iran, appelant à se "préparer au pire", c'est à dire à une possible "guerre" avec l'Iran, et en réclamant des sanctions européennes contre Téhéran en dehors du cadre de l'ONU.
Il a été appuyé lundi par le Premier ministre François Fillon qui, sans reprendre le terme de "guerre", a estimé qu'il avait "raison", jugeant que la tension avec l'Iran était "à son extrême", en particulier avec Israël.
Les deux responsables français ont toutefois insisté sur la nécessité de continuer à négocier.
M. Kouchner a obtenu un premier soutien européen en recevant à Paris son homologue néerlandais Maxime Verhagen, qui s'est dit prêt à appliquer des sanctions européennes contre l'Iran si le Conseil de sécurité de l'ONU ne se mettait pas d'accord sur des mesures supplémentaires.
Mais les critiques ont été les plus nombreuses.
L'Iran a manifesté sa colère: l'agence officielle Irna a accusé le président français Nicolas Sarkozy de vouloir "copier la Maison Blanche", ajoutant que "cet Européen s'est mis dans la peau des Américains et imite leurs hurlements".
Plus mesuré, un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a estimé que la déclaration de M. Kouchner évoquant un risque de guerre portait "atteinte à la crédibilité de la France".
A Vienne, le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, chargé de contrôler le programme nucléaire iranien, a fermement récusé la perspective à ce stade d'une option militaire contre l'Iran.
"Nous avons affaire à un dossier très lié à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionale au Proche Orient et c'est pourquoi je demanderai à tout le monde de ne pas se laisser emporter jusqu'à ce que nous soyons parvenus au bout de la procédure" de vérification, a souligné M. ElBaradei au premier jour de l'assemblée générale des 144 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
"J'ai clairement signifié que je ne voyais pas en ce moment de danger clair concernant le programme nucléaire iranien", a ajouté le chef de l'AIEA, sur la base des dernières inspections menées par l'agence en Iran.
Présente à Vienne, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, a sévèrement critiqué son homologue français: "le collègue Kouchner est le seul à pouvoir expliquer ce qu'il a voulu dire. Il m'est incompréhensible qu'il ait eu recours à une rhétorique martiale en ce moment".
A Washington, on s'est par contre félicité de la position adoptée par Paris.
"La France a les mêmes objectifs que nous: que ce régime iranien ne puisse pas se doter d'une arme nucléaire", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, réaffirmant aussitôt la position des Etats-Unis privilégiant l'option diplomatique mais sans exclure le recours à la force.
A Berlin, un porte-parole de la diplomatie allemande, Martin Jäger, a voulu relativiser la portée des propos de M. Kouchner. "Il serait faux de parler de menaces de guerre: au contraire, nous prenons cela comme la preuve que nos amis français prennent la situation au sérieux et qu'ils s'efforcent activement avec nous de parer à un tel développement", a-t-il déclaré.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) doivent se réunir le 21 septembre à Washington pour envisager un troisième train de sanctions contre Téhéran.
AFP
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