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| Daniel Reynaud figure dans le réseau de revente de cocaïne démantelé ces derniers jours avec armes et 4 kilos de drogue saisis |
| Vingt-quatre personnes ont été interpellées durant la semaine dernière, suspectées d'avoir participé à des degrés divers à un réseau régional de revente de cocaïne. Quatre kilos de coke, 120 000 euros en espèces ont été saisis, ainsi que des armes, fusils et revolver de gros calibres au cours de l'enquête menée par la brigade des stupéfiants de la direction inter-régionale de police judiciaire (DIPJ) de Lyon et le groupe d'intervention régional (GIR) Rhône-Alpes. Sur huit principaux protagonistes présentés au juge d'instruction, cinq ont été écroués. Parmi eux, Daniel Reynaud, 62 ans aux prunes, condamné en 1989 à cinq ans d'emprisonnement, pour avoir fourgué des armes aux guérilleros urbains d'Action directe. Il s'était ainsi fait un prénom, à l'ombre d'un patronyme fameux. Son frère Guy régnait à la force du calibre sur un gang redouté, dans les années soixante. Leur père était tapissier, à la Croix-Rousse. Rue Jacquard, ce qui aurait pu tisser un honnête destin, sans péter dans la soie. Les gones ont roulé du mauvais côté des pentes. Guy dans les annales du banditisme lyonnais. Le cadet embringué avec Max Frérot, son bouillant voisin du plateau. Daniel avait ensuite repris un atelier familial de matelassier, dans la vallée de l'Azergues. Une femme volage, un dépôt de bilan. De quoi filer du mauvais coton. « Il était à la dérive, le moral atteint, sans le sou » défend Me Yanina Castelli, sa fidèle avocate. Les visiteurs de Monsieur Maurice Cette fois, Dany la poisse a croisé un certain Mohamed Touati, 42 ans, dit « Momo casquette » pour son habitude à sortir couvert. Peu connu des archives judiciaires, Momo sous-louait une maison de gardien, au seuil d'une belle demeure, à cheval entre Vaise et Ecully, foyer de la famille de Boissieu, belle famille du général de Gaulle ! Pour les respectables châtelains, Momo se faisait appeler « Monsieur Maurice » honorable vendeur de voitures. Ce qui collait avec des visites fréquentes. Planquée en face du château, la PJ a vu fleurir des clients autrement louches prendre livraison de cocaïne. Basé dans l'historique propriété, le réseau aurait écoulé « de dix à vingt kilos » par mois selon les surveillances des Stups. La came repartait souvent à la campagne. Jusqu'au Bois d'Oingt, ou encore à Villié Morgon, plus connu pour son appellation d'origine que sa blanche à bon marché. Pied de nez supplémentaire, la cocaïne d'origine synthétique ne brillerait pas par sa qualité. D'où un tarif de 20 000 euros le kilo, alors qu'un produit pur monte à 30 000 selon les experts. Boucher le jour, revendeur le soir, Franck Chauville a été interpellé en plein centre du village. Laissant le souvenir d'un « gars à l'argent un peu facile » dans les bars du coin où il ne dédaignait pas sortir des liasses fraîches. D'ici à imaginer qu'il traficotait la coke « Plusieurs revendeurs avaient un boulot sans histoire, ils menaient une vie un peu double » s'étonne un enquêteur. « avec pas mal d'argent en jeu, les grossistes, eux, roulaient pour le grand banditisme » complète un autre. Richard Schittly rschittly@leprogres.fr Max et le receleur Pas vraiment convaincu par la cause politique, Daniel Reynaud se taillait plutôt une réputation de receleur, ferme sur les prix, lorsqu'il a fourni des armes à Max Frérot, drôle de voisin de la rue Jacquard, artificier de la branche lyonnaise d'Action directe. Des armes utilisées dans une série de braquages attribués au groupe extrémiste. |