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Jacques Demarthon AFP ¦ Une personne visite le musée de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI), le 9 octobre 2007 au Palais de la Porte Dorée à Paris
La gauche, politique et associative, s'est engouffrée mercredi dans le vide laissé par le gouvernement lors de l'inauguration de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, à Paris.
En l'absence de hautes autorités de l'Etat, le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë et François Hollande, premier secrétaire du PS, se sont rendus à la Cité dès l'ouverture des portes au public, pour affirmer leur soutien à une institution voulue par l'ex-président de droite Jacques Chirac.
La gauche associative, avec notamment la Ligue des Droits de l'homme (LDH) et le Réseau Education sans frontières (RESF), était aussi présente, venue pour "une inauguration citoyenne".
François Hollande, qui a croisé Bertrand Delanoë plus matinal que lui, n'a pas manqué de remarquer l'absence de toute autorité de l'Etat pour l'inauguration de la Cité et de souligner "l'occasion manquée" de la droite.
"Nous devrions tous être rassemblés pour une forme de reconnaissance de ce qu'est la France aujourd'hui", a-t-il dit sur les marches de la Cité." Revenir sur l'histoire de l'immigration, c'est enrichir le pacte national. Cela aurait pu être une belle inauguration avec les plus hautes autorités de l'Etat. On l'a fait d'une autre façon".
Il a noté "une crispation" de la part de la droite sur l'immigration. "C'est Chirac qui a voulu cette Cité, il devrait y avoir continuation de l'Etat", a-t-il ajouté.
Bertrand Delanoë, qui lui-même avait croisé dans la matinée un Jean-Pierre Raffarin peu disert, avait déclaré quelques minutes auparavant: "alors que l'enjeu de la Cité est celui d'un rassemblement tourné vers l'avenir autour d'une histoire commune, la politique gouvernementale divise la France et alimente la tentation de faire de l'étranger le bouc émissaire".
"Toutes les craintes qui étaient apparues à gauche et à droite sur l'existence du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale se vérifient, puisque aujourd'hui cette politique est particulièrement condamnable sur le plan moral", a déclaré le maire de Paris à propos du projet de loi de Brice Hortefeux.
Un paquet de tract sous le bras, Pierre Cordelier, un des porte-parole de RESF, notait que "Sarkozy, avec son culot indécent, aurait très bien pu récupérer le truc --ndlr: l'inauguration de la Cité --comme il sait le faire. Mais le gouvernement n'a pas osé faire cette inauguration vu tout ce qu'il commet, des expulsions jusqu'aux tests ADN".
Pour sa part, Jacques Toubon, co-président de la Cité et qui, fier de son oeuvre, accueillait du haut des marches tous les visiteurs, soulignait que la Cité était "avec la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations) l'illustration de l'évolution de l'esprit public qui, aujourd'hui, considère que représenter la diversité ne remet pas en cause notre modèle républicain".
La visite très discrète, lundi dernier, du ministre de l'Immigration Brice Hortefeux à la Cité, a été révélée mercredi matin par son service de presse. La ministre de la Culture Christine Albanel devait se rendre, pour sa part, au musée de la Porte Dorée vers 19H00, après la fermeture des portes.
© 2007 AFP