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NOORDWIJK, Pays-Bas (Reuters) - Les alliés de l'Otan, notamment la France et l'Allemagne, ont en partie répondu mercredi à l'appel des Etats-Unis, qui les ont exhortés à accroître leurs contributions pour pacifier l'Afghanistan.
Les ministres de la Défense de l'Alliance atlantique se sont réunis dans la station balnéaire néerlandaise de Noordwijk, où ils ont réaffirmé leur volonté de maintenir leurs 17.000 hommes sur le terrain du Kosovo quelques semaines avant la fin des négociations sur le statut final de la province.
Mais l'accent a été mis sur les contributions des Etats membres à la Force internationale de stabilisation en Afghanistan (Isaf) et à la formation de l'armée afghane."Notre priorité aujourd'hui est l'Afghanistan", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, selon qui ce pays est "le front avancé de la lutte contre le terrorisme".
"La chose la plus importante que la communauté internationale puisse faire est de renforcer la capacité (de l'armée) afghane, afin que l'Afghanistan puisse se battre avec ses propres forces", a-t-il ajouté devant les ministres.
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a une fois de plus accusé les alliés de ne pas remplir leurs engagements en matière de soldats, d'équipements et de formation de l'armée afghane, ce qui permettrait d'envisager un allègement de la présence occidentale dans ce pays en proie à la violence.
"RESPONSABILITÉ MORALE"
Sur le terrain, les combats ont redoublé d'intensité, particulièrement dans le Sud du pays. Quelque 7.000 personnes ont trouvé la mort depuis deux ans en Afghanistan.
Mais plusieurs pays présents sur le terrain sont tentés de retirer leurs troupes et la plupart des alliés estiment que le déploiement de leurs forces a déjà atteint un niveau maximal avec une présence en Irak, au Liban ou encore au Kosovo.
L'Otan dispose de 41.000 hommes dans le pays au sein de l'Isaf, sans compter les 7.000 soldats, essentiellement américains, de l'opération "Liberté immuable" lancés à la chasse aux talibans dans les zones montagneuses près du Pakistan.
L'Isaf pourrait accroître son efficacité, mais des lacunes en matière de transport de troupes et d'hélicoptères freinent ses mouvements et sa capacité de réaction, tandis que l'armée afghane manque d'instructeurs pour sa formation.
Les Pays-Bas étudient en ce moment l'opportunité d'étendre au-delà du mois d'août le mandat de leurs 1.600 hommes déployés dans le Sud du pays, ce qui ne manquerait pas d'avoir un impact sur la présence des Canadiens dans ce même secteur explosif.
Le gouvernement de La Haye qui, avec les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et l'Allemagne, consent un effort particulièrement important, est confronté à une opinion et un parlement hostiles au maintien de cette présence et espère que d'autres pays lui permettront d'alléger son fardeau.
Un retrait total n'est pas exclu par les Néerlandais.
"La paix et la sécurité ne s'obtiennent pas sans effort", a dit le ministre néerlandais de la Défense, Eimert van Middelkoop. "Un partage équitable des risques et du fardeau reste le principe directeur de cette Alliance."
GESTES FRANÇAIS ET ALLEMAND
Plusieurs pays ont fait des gestes en ce sens.
Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a annoncé que Paris enverrait quelques 50 hommes pour la formation de l'armée afghane, en plus de 1.100 hommes dont elle dispose déjà en Afghanistan, a-t-on appris de source française.
Son homologue allemand, Franz Josef Jung, dont le pays a déployé 3.000 hommes, a promis de tripler, à 300 hommes, le nombre d'officiers qui participeront à la formation.
Les Tchèques et les Slovaques ont également annoncé l'envoi de 160 hommes supplémentaires et d'autres pays pourraient dans un proche avenir faire connaître leurs projets.
Jaap de Hoop Scheffer s'est déclaré convaincu que des engagements fermes seraient pris lors d'une "conférence de génération de forces" qui se déroulera en novembre.
"J'ai des offres, y compris pour le Sud", a-t-il dit. "Nous pouvons faire mieux que ce que nous faisons maintenant."
Mais les promesses faites mercredi sont limitées.
Jung a ainsi déclaré que les officiers allemands chargés de former l'armée afghane seraient basés dans le Nord du pays, où la situation est relativement calme, et non dans le Sud.
"Notre priorité reste le Nord", a-t-il dit.
Dans la délégation française, on souligne qu'il n'est pas possible pour l'armée française de faire plus au moment où elle s'apprête à déployer 1.500 hommes au Tchad, près du Darfour.
"On n'a pas à rougir", a déclaré l'un de ses responsables en estimant que les Etats-Unis comprenaient la France. "Ils veulent par exemple plus d'hélicoptères, mais on n'en a pas".