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Paris a amorcé une série de contacts diplomatiques avec le Tchad, où 9 Français et 7 Espagnols arrêtés jeudi à Abéché (est), alors que l'association Arche de Zoé tentait d'emmener en France 103 enfants de la région, attendaient une éventuelle inculpation.
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Le ministère français des Affaires étrangères a mis en place une "cellule de crise" sous la houlette de la secrétaire d'Etat Rama Yade, chargée de "suivre les conséquences humanitaires de l'opération montée par l'association" française, et notamment "la situation sanitaire et l'état psychologique des 103 enfants qui devaient être transportés en France en toute illégalité".
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a eu "un entretien téléphonique" avec le président tchadien Idriss Deby Itno, "auquel il a exprimé sa solidarité avec les enfants", a annoncé le Quai d'Orsay.
Le ministre "a attiré l'attention du président Deby sur la situation des personnes détenues et a exprimé, par ailleurs, sa disponibilité et celle de Mme Rama Yade à se rendre au Tchad".
Neuf Français -- des membres de l'Arche de Zoé et trois journalistes -- ainsi que l'équipage espagnol de l'avion affrété par l'association pour emmener les enfants en France, étaient toujours dimanche au commissariat central d'Abéché, la principale ville de l'est du Tchad.
Leur garde a vue a été prolongée samedi soir de 48 heures. Le Parquet d'Abéché devrait donc décider, au plus tard lundi, d'une éventuelle inculpation formelle.
Les autorités tchadiennes ont accusé verbalement les responsables de l' opération avortée d'"enlèvement" et "trafic" d'enfants. Le président Deby, qui a promis de les sanctionner "sévèrement", s'est même demandé s'ils avaient l'intention de "vendre" les enfants ou de "les tuer et enlever leurs organes".
Le sort qui sera réservé aux personnes arrêtées n'a pas été évoqué publiquement par Paris, qui se borne à rappeler que le consul de France au Tchad "s'est rendu à Abéché" pour apporter "la protection consulaire" aux ressortissants français.
L'ambassadeur de France à N'Djamena Bruno Foucher est arrivé dimanche à Abéché. En compagnie d'une délégation de diplomates, dont un émissaire espagnol, et de hauts responsables tchadiens, il s'est rendu à l'orphelinat où ont été accueillis les 81 garçons et 22 fillettes âgés d'un à dix ans.
En revanche, le programme du déplacement ne prévoyait pas de visite aux gardés à vue.
Dès le début de l'affaire, jeudi, la plupart des organisations humanitaires internationales présentes dans l'est du Tchad pour assister quelque 236.000 réfugiés du Darfour et 173.000 déplacés tchadiens se sont désolidarisées avec l'opération très controversée de l'Arche de Zoé.
La France a aussi pris ses distances avec ce projet, qualifié d'"illégal" et "irresponsable", assurant avoir tout fait pour "interdire" cette opération.
Les dirigeants de l'association affirment le contraire.
Ils expliquent en outre avoir monté l'opération pour "sauver de la mort" des "orphelins" affectés par la guerre civile au Darfour (ouest du Soudan) où le conflit a fait, selon l'ONU, 200.000 morts et 2,1 millions de déplacés.
Les autorités soudanaises ont d'ailleurs annoncé dimanche la constitution d'une commission d'enquête officielle sur cette affaire.
L'Unicef a assuré pour sa part que les enfants étaient en "excellente santé", que la plupart étaient originaires du Tchad et que rien ne prouvait qu'ils étaient orphelins.
Les enfants devaient être "accueillis" par des familles en France, moyennant finances selon une source diplomatique.
© 2007 AFP