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Terrorisme: Rachid Ramda veut faire appel de sa condamnation à la réclusion à pertétuité


Attentat le 25 juillet 1995 à la station métro Saint-Michel à Paris
Pierre Boussel AFP/Archives ¦ Attentat le 25 juillet 1995 à la station métro Saint-Michel à Paris



L'un des avocats de Rachid Ramda, condamné vendredi soir à la réclusion criminelle à perpétuité, a annoncé son intention de faire appel.

Ramda a été reconnu coupable de complicité d'assassinat et de tentatives d'assassinats pour l'attentat de Saint-Michel (8 morts, 150 blessés, le 25 juillet 1995) et pour ceux des stations Maison-Blanche et Musée d'Orsay qui avaient fait des dizaines de blessés en octobre de la même année.

Parmi les éléments retenus par l'accusation, une empreinte digitale de Ramda a été identifiée sur un bordereau de transfert d'argent à un des poseurs de bombe, à la veille d'un des attentats en octobre 1995.

Au cours du procès, l'accusé, 38 ans, au profil d'intellectuel, portant veste et barbe soignée, a reconnu ce virement effectué depuis Londres, destiné selon lui à rémunérer les avocats des «frères» interpellés lors de coups de filet anti-islamistes en France.

Asssociation de malfaiteurs

Mais il a affirmé ignorer que le destinataire, un certain «Benabbas», était en réalité Boualem Bensaïd, un des deux auteurs principaux des attentats avec Smain Aït Ali Belkacem. Tous deux ont été condamnés à la prison à vie en 2002 dans un procès dont Ramda avait été le grand absent. Arrêté à Londres en novembre 1995, il n'a été extradé que dix ans plus tard après une longue bataille de procédure.

Dans le volet délictuel de l'affaire (association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste), il a été condamné en 2006 à 10 ans d'emprisonnement, une peine qu'il avait «déjà purgé» avant même de comparaître, a souligné vendredi Me Sébastien Bono, qui a demandé l'acquittement de son client.

«Ce qui est présenté par l'accusation n'est pas convaincant», a déclaré Me Bono, s'étonnant par exemple que n'aient pas été interrogés les islamistes vivant sous le même toit que Ramda à Londres et qui, selon lui, auraient également pu être mêlés au financement des attentats.

Tout au long des débats, la défense s'est aussi employée à étayer, avec une quinzaine de témoignages d'experts, la thèse selon laquelle le gouvernement algérien de l'époque aurait pratiqué «un terrorisme d'Etat» dont il faisait porter la responsabilité aux islamistes afin de les discréditer.

L'avocat général Delphine Dewailly a fermement écarté cette thèse. Selon elle «peu importe qui arme le bras meurtrier». Dans son réquisitoire mercredi elle a qualifié Ramda de «rouage essentiel» du GIA, un homme de confiance dont la hiérarchie de cette organisation en Algérie avait fait sa «courroie de transmission» en Europe.

Vendredi, l'accusé, qui faisait face à quatre parents de victimes de Saint-Michel brandissant une photo de leur proche disparu, s'est une nouvelle fois déclaré étranger aux attentats : «Je ne les ai pas reconnus à l'époque et je ne les reconnaîtrai jamais.»


© 2007 AFP

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