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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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ÉTATS-UNIS • Le Vermont veut faire sécession


Dans ce petit Etat du Nord-Est, un mouvement séparatiste rencontre un succès croissant depuis deux ans. Ailleurs dans le pays, d’autres voix appellent aussi à quitter à l’Union.
DR
Le Vermont a toujours eu un côté farouchement indépendant. Il s’est opposé à l’esclavage bien avant d’autres Etats. En 2004, il a élu le premier sénateur socialiste du pays, Bernie Sanders, et a été le premier [en 2000] à autoriser les unions civiles homosexuelles. Montpelier est la seule capitale d’un Etat américain à ne pas avoir de restaurant McDonald’s, et le Vermont a résisté bien plus longtemps que les autres Etats à l’installation d’hypermarchés Wal-Mart à la périphérie de ses villes. La législation du Vermont en matière de protection de l’environnement est également l’une des plus strictes du pays.
Et aujourd’hui, dans les magasins de cet Etat, les tee-shirts arborant le slogan “US out of Vt” [Les Etats-Unis hors du Vermont] se vendent comme des petits pains. Et pour cause : un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur milite pour la sécession pure et simple d’avec les Etats-Unis. Un parfum de rébellion a toujours flotté dans l’air de cet Etat rural. L’un des pères fondateurs du Vermont, Ethan Allen, fut l’un des premiers révolutionnaires américains et lutta avec ses Green Mountain Boys pour l’indépendance du Vermont lors de la guerre d’Indépendance américaine et pour l’instauration de la république du Vermont, qui dura de 1777 à 1791.
Le mouvement indépendantiste d’aujourd’hui fait campagne en clamant que les Etats-Unis ont perdu leur autorité morale. Ses membres, qui estiment que l’“Empire américain” n’est pas viable, exploitent le sentiment de colère grandissant provoqué par la guerre en Irak, les craintes pour l’environnement et le mécontentement vis-à-vis du gouvernement de George W. Bush.
En 2005, ses militants ont tenu leur première conférence sous le dôme doré du Capitole de Montpelier, le siège de l’Assemblée législative de l’Etat, où ils ont débattu avec passion de toutes les bonnes raisons qu’il y avait de se séparer de l’Union. La rencontre a eu lieu sous l’égide de l’association Second Vermont Republic [Seconde République du Vermont]. C’était la première fois depuis 1861, date à laquelle la Caroline du Nord avait voté pour quitter l’Union, qu’une conférence était organisée au niveau d’un Etat sur le thème de la sécession.
Le fondateur du mouvement, Thomas Naylor, a plaidé pour l’indépendance dans son “Manifeste des Montagnes Vertes”, publié en 2003 et sous-titré “Pourquoi et comment le minuscule Vermont peut contribuer à protéger les Etats-Unis d’eux-mêmes en quittant l’Union”. Naylor, un professeur retraité âgé de 70 ans, a été consultant pour le compte de la Russie au moment de l’éclatement de l’Union soviétique, ce qui lui a donné des idées pour le futur éclatement des Etats-Unis. La plupart des Américains considèrent les habitants du Vermont comme des Canadiens qui ne s’assument pas. Pour Naylor, en revanche, le Vermont est synonyme de petites villes, d’exploitations agricoles de taille modeste, de collectivités locales, de démocratie participative et de militantisme vert – une Suisse d’Amérique du Nord, en quelque sorte.
Naylor et ses partisans se targuent de ce que 8 % de la population de l’Etat sont acquis à la cause séparatiste. Ils veulent que leurs concitoyens se prononcent sur la question lors du Town Meeting Day [l’assemblée générale des citoyens du Vermont] de mars prochain. A les en croire, ce vote pourrait finir par convaincre l’assemblée législative de l’Etat de déclarer l’indépendance.
Il y a trois semaines, toutefois, les universitaires de gauche excentriques et autres retraités prompts à jouer les mouches du coche qui sont à la tête du mouvement ont pris une initiative plus controversée encore, qui laisse perplexes certains de leurs plus ardents partisans. Ils ont parcouru 3 000 kilomètres jusqu’à l’autre extrémité du “sentier des Appalaches” pour rencontrer un groupe du Sud partageant les mêmes préoccupations intellectuelles et militant lui aussi pour une séparation d’avec les Etats-Unis. A la différence des représentants de la Seconde République du Vermont, la Ligue du Sud se drape dans la bannière sudiste et elle a été à de nombreuses reprises dénoncée comme étant une organisation incitant à la haine raciale.

Ces sécessionnistes des deux extrémités de l’échiquier politique se sont réunis pendant deux jours dans un hôtel de Chattanooga [dans le Tennessee] pour voir comment ils pouvaient se séparer des Etats-Unis par des moyens pacifiques. Michael Hill, le président de la Ligue du Sud, qui vit en Alabama, estime que, s’ils obtenaient gain de cause, les séparatistes de la Nouvelle-Angleterre “autoriseraient sans doute l’avortement et instaureraient un contrôle des armes à feu”, tandis que les Sudistes “lutteraient sans doute encore plus énergiquement qu’aujourd’hui contre l’immigration clandestine”. Pour Naylor, les relations d’amitié qui lient le Vermont et la Ligue du Sud ne signifient pas que les deux groupes partagent les mêmes convictions. La Ligue du Sud, dit-il, a en commun avec son mouvement de s’opposer au pouvoir fédéral et d’éprouver le besoin d’aller jusqu’à la sécession.
Beaucoup d’Américains l’ignorent sans doute, mais il existe en fait plusieurs mouvements séparatistes dans le pays : en Alaska et à Hawaii, où certains n’ont toujours pas digéré l’annexion cinquante ans après, mais aussi au Texas, en Californie, et même à New York.
Ces groupes séparatistes défendent des causes différentes mais jugent tous que le pouvoir fédéral est devenu hypertrophié et trop puissant. Ils veulent rétablir la liberté perdue de l’Amérique en se conformant strictement à la Constitution et affirment que le gouvernement fédéral a depuis longtemps outrepassé les pouvoirs que lui confère la Loi fondamentale, ce qui fait de la sécession un recours valable et légal.
Malheureusement pour les séparatistes, ils se heurtent à un obstacle : un jugement de la Cour suprême datant de 1868, l’arrêt “Texas vs White”, a porté un coup fatal au sécessionnisme. Bien que le Texas eût été une république indépendante avant d’intégrer l’Union en 1845, la Cour suprême décida qu’il n’avait pas le droit de la quitter : “La Constitution dans toutes ses dispositions vise une Union indestructible, composée d’Etats indestructibles.”


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