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Deux patrons orpailleurs guyanais, jugés pour enlèvements, tortures et actes de barbarie sur deux ressortissants brésiliens, ayant provoqué la mort de l'un d'entre eux, ont été condamnés, lundi soir, par défaut, à dix ans ferme et à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'appel de Cayenne.
L'avocat général Jean-Paul Arnoux a évoqué dans son réquisitoire des "actes de xénophobie et d'extermination", se disant "indigné et dégoûté par les faits" avant de requérir la perpétuité à l'encontre de Soupé Poïté et vngt ans à l'encontre d'Armand Moussa, "qui a participé à l'action et savait ce qui allait se passer pour ces gens".
La cour a suivi les réquisitions à l'encontre de Poïté, 41 ans, condamné pour enlèvements, tortures et meurtre. Moussa, 36 ans, a écopé de dix ans d'emprisonnement.
Les deux accusés, originaires de Maripasoula (sud-ouest du département) et qui font l'objet de mandats d'arrêt, avaient notamment déjà été condamnés pour des faits de tortures sur un ressortissant brésilien. Absents, comme l'année dernière lors du premier procès, ils n'avaient pas d'avocats.
Isaias Souza Santos, la victime ayant survécu - à ce que l'avocat général a également qualifié de "ratonnade" - était présent à l'audience.
Le procès a mis en lumière les exactions d'une milice de patrons orpailleurs s'en prenant aveuglément aux ressortissants brésiliens, dans un contexte plus général, à l'époque, de braquages sur des sites aurifères illégaux de patrons locaux ne payant pas toujours leurs ouvriers.
"Ce verdict est aujourd'hui un signe fort de la justice, on a fini de jouer dans le milieu de l'or", a déclaré Me René Kherousse, l'avocat de la partie civile.
© 2007 AFP