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La vague d'arrestations du Hamas est intervenue avant l'aube, plusieurs heures après la tenue, dans la ville de Gaza, de la plus grande manifestation depuis la création de l'Autorité palestinienne en 1994, organisée à l'occasion du 3e anniversaire de la mort du chef historique Yasser Arafat.
Sept Palestiniens ont été tués et 130 blessés dont des femmes et des enfants par les tirs du Hamas lors de heurts qui ont éclaté alors que des centaines de milliers de manifestants se dispersaient. Des miliciens en civil ou en uniforme du Hamas ont tiré sur les manifestants, dont certains scandaient des slogans contre le mouvement et lançaient des pierres sur sa police.
Selon le porte-parole de la Force exécutive, la police du Hamas, environ 200 personnes ont été arrêtées. "Ceux qui ont été interpellés cette nuit sont les organisateurs de la manifestation", a affirmé à l'AFP Islam Chahwane dont le mouvement a pris le pouvoir par la force en juin à Gaza.
"Ils sont actuellement entre les mains de la sécurité intérieure et rentreront chez eux probablement ce soir", a-t-il précisé, assurant que ces interpellations avaient été menées pour les besoins d'une "enquête" sur les "émeutes" de lundi.
Le Hamas a assuré dans un communiqué que ces arrestations n'étaient pas politiques mais dirigées contre ceux qui avaient "troublé l'ordre et la sécurité publique, semé le chaos et poussé aux émeutes".
Un porte-parole du Fatah à Gaza, Hazem Abou Chanab, a fait état de 400 arrestations de "membres et cadres" du Fatah, le parti de Mahmoud Abbas.
Une autre organisation, le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), a condamné une "vaste campagne d'arrestations" qui ne peut "que tendre davantage la situation interne et empêcher une sortie de crise".
Pour le directeur du centre de défense de droits de l'Homme Damir, Khalil Abou Chamallah, "les arrestations de dirigeants du Fatah indiquent que le gouvernement du Hamas veut interdire toute activité du parti Fatah qui pourrait montrer sa force dans la rue et influencer la situation à Gaza".
Le chef de l'aile politique radicale du Hamas à Gaza, Mahmoud Zahar, a d'ailleurs appelé son mouvement à "prendre toutes les mesures nécessaires, en coopération avec les services de sécurité officiels, pour éviter que ces troubles ne se répètent".
Le président Abbas a dénoncé les "crimes horribles commis par une bande de rebelles sous les yeux du monde entier". La presse palestinienne proche des autorités à Ramallah, a dénoncé le "massacre" commis selon elle par le Hamas.
Mardi, de nombreux magasins et écoles de la bande de Gaza sont restés fermés en signe de deuil.
"Nous n'avons pas accueilli les élèves et avons respecté l'appel à trois jours de deuil du ministère de l'Education de Ramallah (Cisjordanie) après les évènements de lundi", a affirmé un directeur d'école sous couvert de l'anonymat, de crainte de représailles du Hamas.
A Ramallah et à Bethléem, en Cisjordanie, environ 3.000 personnes ont manifesté à l'appel du Fatah et dénoncé le Hamas qui avait défait en juin les forces fidèles au Fatah après une semaine de combats à Gaza qui ont fait plus de 100 morts.
© 2007 AFP