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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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«Marine Le Pen est médiatique et elle commence à être populaire»


Marine le Pen à Saint-Cloud le 9 septembre 2007
Thomas Coex AFP/Archives ¦ Marine le Pen à Saint-Cloud le 9 septembre 2007


Samedi 17 et dimanche 18 novembre, se tient à Bordeaux le congrès national du Front national. Christiane Chombeau est journaliste au «Monde». Elle est l’auteure de «Le Pen, Fille & père» (éditions du Panama). Interview.

Quel est l’enjeu du congrès du Front national qui se tient à Bordeaux ce week-end?

A priori, c’est un congrès de transition avant que Jean-Marie Le Pen passe la main, en 2009 ou 2010, après les élections européennes auxquelles il a dit vouloir participer. Mais on n’est jamais à l’abri d’un coup de théâtre. Le défi de Jean-Marie Le Pen est aujourd’hui de réorganiser le parti qui, depuis la présidentielle, a entamé une descente aux enfers. Il devra redynamiser ses troupes et montrer qu’il est un rassembleur. Il sera intéressant de voir la répartition des rôles au sein de l’appareil entre sa fille et les contestataires.

La suite logique est-elle la prise de pouvoir par Marine Le Pen?

Oui, mais il faut toujours rester prudent, car elle est loin de faire l’unanimité au sein du parti. On peut toutefois noter que la décision de son père de changer les statuts pour que le président et les membres du comité central soient élus par les adhérents et non plus par des délégués lui est favorable. Elle est en effet plus populaire à la base que parmi les cadres. De même, le choix de Le Pen de briguer un autre mandat à la tête du Front national, même s’il n’a pas été fait pour cette raison, donne du temps à Marine Le Pen pour s’installer et acquérir une légitimité militante. Dans la compétition, celle-ci a un atout, le nom de Le Pen, qui reste attaché au label Front national.

Marine Le Pen a beaucoup conseillé son père durant la campagne présidentielle de 2007, qui a été un échec. Même si on sait que Jean-Marie Le Pen ne l’a pas toujours écoutée, cela est-il un handicap pour elle aujourd’hui?

Non. Ceux qui étaient contre elle n’ont pas changé d’avis. Ceux qui étaient pour elle non plus. Ceux qui doutaient ont toutefois pu voir qu’elle pouvait organiser stratégiquement une campagne. A priori, les militants sont plus favorables à Marine Le Pen qu’à Bruno Gollnisch ou Carl Lang. Elle est médiatique et la base la considère comme sa meilleure affiche.

Que lui manque-t-il?

Si elle veut récupérer l’électorat frontiste qui a été siphonné par Nicolas Sarkozy, elle devra durcir son discours. Elle ne peut plus faire du «Le Pen light» comme disent ses opposants. Elle doit se démarquer fortement de Nicolas Sarkozy.

Quitte à aller à l’encontre de ses convictions?

Elle n’a jamais désavoué le programme du FN, simplement elle mettait l’accent sur certains aspects plus que d’autres. Aujourd’hui, elle parle beaucoup plus d’immigration parce que c’est un thème porteur au FN. Si elle ne conteste pas la réalité de la Shoah, elle fait désormais le parallèle avec le goulag soviétique.

Y a-t-il un risque d’implosion?

Bien que l’ascension de Marine Le Pen dans l’appareil leur déplaise, les troupes catholiques traditionalistes hésitent à partir. Elles ne sont pas tentées par une aventure groupusculaire. Elles ont déjà donné. Elles auraient pu rejoindre Philippe de Villiers mais, depuis son échec à l’élection présidentielle, celui-ci ne présente plus l’avenir. En fait, bon nombre de personnes ont aujourd’hui un pied dans l’appareil et un pied dehors. Ils attendent de voir.

Un sondage  IFOP indique que 81% des sympathisants du FN lui sont favorables…

Elle est médiatique et elle commence à être populaire, en raison notamment de son bon score aux législatives. C’est une personne qui apprend vite. Mais il faut se méfier de ce genre de sondage fait auprès des sympathisants et non des militants qui, seuls, élisent leur président. D’autre part, le sondage ne prenait en compte que deux candidats: Marine Le Pen et Carl Lang, qui n’est pas très connu des sympathisants. Les résultats auraient été légèrement différents si on l’avait opposée à Bruno Gollnisch, même s’il est probable qu’elle serait toujours venue en premier.
 
A la lecture de votre livre, on se rend compte qu’il n’était pas écrit que Marine Le Pen succède à son père, ni même qu’elle fasse de la politique…

C’est vrai. On peut dater un vrai tournant en 2005. A cette époque, elle prend beaucoup de coups et elle se dit: «Autant en prendre pour une bonne raison.» C’est à ce moment qu’elle pose ses premiers actes de postulante à la présidence du FN. Pour son père aussi, cette prise de conscience a été tardive. Lui avait besoin de s’entourer et c’est une Le Pen qui était attaquée, il fallait la défendre et resserrer les rangs. C’est en pensant à lui qu’il a fait monter sa fille. A partir de 2005, il a commencé à la regarder différemment. Aujourd’hui, il se dit «pourquoi pas elle?» et l’aide à prendre son envol.


Recueilli par David Carzon

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