Le mouvement étudiant de contestation de la loi Pécresse, qui a pris de l'ampleur ces derniers jours, touchait vendredi 43 sites universitaires à l'approche d'une semaine charnière, la journée de grève des fonctionnaires mardi s'annonçant décisive pour la suite de la mobilisation.
Vendredi sur le terrain, 43 sites universitaires étaient "perturbés", dont 28 étaient bloqués pour tout ou partie, selon des informations recueillies auprès des bureaux de l'AFP et de l'Unef.
Selon Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, 32 universités sur 85, étaient touchées "à des degrés divers", dont "deux bloquées".
C'est environ trois fois plus que vendredi 9 novembre, où seuls 13 sites étaient bloqués, à des degrés divers.
Des étudiants se sont aussi joints à des manifestations de cheminots, par exemple à Lille et Amiens.
Les initiateurs du mouvement, qui exigent l'abrogation de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, votée cet été, se réunissent en coordination nationale étudiante samedi et dimanche à Tours, troisième réunion depuis le début de la contestation.
De son côté, le syndicat étudiant Unef, qui souhaite des "modifications" de la loi et des "moyens" pour l'accompagner, continue d'appeler à une "amplification" de la contestation. Une rencontre avec Valérie Pécresse jeudi n'a "pas du tout été concluante" au regard de ses attentes.
Ces deux tendances appellent à se joindre mardi à la journée de grèves et de manifestations lancée par les fonctionnaires - dont les enseignants - pour les salaires et l'emploi.
Tous les acteurs du mouvement s'accordent à dire que c'est au lendemain de cette journée cruciale qu'on saura si oui ou non le mouvement doit encore s'amplifier.
La question de la poursuite du blocage des universités fera l'objet du vote des nombreuses assemblées générales qui doivent à nouveau se tenir toute la semaine prochaine, notamment lundi à Toulouse III, Reims, Rennes I et II.
Certaines, comme Nantes, veulent organiser un vote à bulletin secret sur le blocage du campus.
Entrave selon eux à leur action, les étudiants contestataires devront faire avec les fermetures administratives de sites universitaires. Celles-ci se sont multipliées dans la nuit de jeudi à vendredi: les directions de Montpellier III, Nantes, Lyon II ou Saint-Etienne ont fait évacuer par la police les locaux occupés par les étudiants et décidé d'une fermeture administrative.
Strasbourg II, qui n'a jamais été bloquée, été fermée à la suite d'un incendie qui s'est déclaré vendredi matin dans une salle alors que se tenait à proximité une assemblée générale des étudiants.
Par ailleurs, vendredi, quelque 600 personnes se sont rassemblées à Paris devant l'Assemblée nationale pour protester contre l'"insuffisance", selon plusieurs organisations de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, du budget pour 2008, le jour de son adoption.
A noter encore qu'enseignants et personnels non enseignants de l'université Toulouse III ont voté vendredi à la quasi-unanimité la grève en assemblée générale pour protester contre la loi Pécresse, selon la CGT.
Des anti-bloqueurs devraient de leur côté continuer à donner de la voix. Dimanche, un rassemblement est organisé à Paris, entre autres, par l'UNI (droite universitaire).
Quant à l'université d'Aix-Marseille I, dont le site aixois est fermé depuis une semaine, elle a mis en place une cellule d'écoute pour les étudiants, apprentis et stagiaires, afin notamment de les renseigner sur les enseignements non assurés.