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Prise d'otage au QG d'Hillary Clinton: le déséquilibré ne «savait pas quoi faire de sa vie"


Retransmission télévisée de l'arrestation de l'auteur d'une prise d'otages le 30 novembre 2007 dans une permanence électorale de Hillary Clinton à Rochester
AFP ¦ Retransmission télévisée de l'arrestation de l'auteur d'une prise d'otages le 30 novembre 2007 dans une permanence électorale de Hillary Clinton à Rochester


Samedi dernier, de 13 à 18 heures, heure locale, la prise d’otage de trois employés du bureau de campagne d’Hillary Clinton à Rochester, petite ville de 30.000 habitants au nord de Boston, dans le New Hampshire, a semé un vent de panique sur la campagne américaine. L’affaire s’est terminée sans faire de blessés, après la reddition de Leeland Einsenberg, un déséquilibré de 47 ans. Retour sur les événements.

Vers midi, un homme pénètre dans l’un des seize QG locaux de la candidate démocrate que compte le New Hampshire. Il affirme porter une bombe et demande à parler à Hillary Clinton en personne. Dans une campagne ultra serrée, les staffs locaux jouent porte ouverte afin de rester au plus près possible de leur électorat. Impossible de déployer des dispositifs de sécurité trop importants.

Vers midi et demi (18h30 en France), une volontaire et son jeune enfant sont libérés. C’est elle qui donnera l’alerte depuis un magasin adjacent. La rue, Main Street, est bouclée, et les écoles du quartier évacués tout comme les bureaux de campagne, tout proches, des autres candidats John Edwards et Barack Obama. Des policiers se postent en face du local. Une unité de démineurs est mobilisée.

Hillary Clinton est loin: elle doit s’exprimer dans l’après-midi à Vienna, en Virginie, devant le comité national du parti démocrate. Alertée, elle annule le rendez-vous et gardera le silence.

Pendant de longues heures, la situation demeure confuse.
Le profil de l’homme est flou; la quarantaine, peut-être plus, les cheveux poivre et sel. Aussi obscur, le nombre de personnes retenues à l’intérieur: deux, peut-être plus.

Entre 15h et 15h45,
deux otages sont libérés sans qu’il soit possible se savoir si d’autres demeurent à l’intérieur. ABC News rapporte que l’homme est connu localement et a des antécédents psychiatriques. Il aurait également demandé à son fils de regarder les informations.

Vers 16h20 (22h20 en France), MSNBC révèle que le gendre du preneur d’otage s’est rendu dans un restaurant tout proche et a expliqué que son beau-père avait acheté le matin même des feux de détresse et souhaitait être hospitalisé. Eléments confirmés plus tard par une serveuse du restaurant au micro de WMUR-TV, qui raconte que, selon le gendre, l’homme, au chômage, vivait très mal la demande de divorce de son épouse et de son propre aveu, «ne savait pas quoi faire de sa vie». Il aurait bu pendant les 72 heures précédents les événements. A 17h30, le Fosters Daily democrat, un journal local, révèle l’identité du preneur d’otage.

A 18h15, l’homme se rend. Sa bombe est en fait constituée des feux de détresse qu’il a noué autour de son ventre. On apprendra plus tard qu’un agent de la police d’état a négocié au téléphone tout l’après-midi avec lui, avant de le convaincre de se rendre peu après qu’il ait relâché le troisième otage. Il était convoqué ce vendredi auprès d’un juge pour répondre d’une plainte de sa femme concernant des violences domestiques.

Hillary Clinton, restée tout l’après-midi dans son domicile à Washington pour suivre l’évolution de la situation, prend la parole peu après 19 heures (une heure du matin en France). «Je suis heureuse que cette journée difficile se termine aussi bien. Toute mon équipe de campagne et mes volontaires sont sains et saufs. Je veux les remercier pour leur courage extraordinaire et leur calme malgré une pression très dure et des situations dangereuses.» Elle n’a pas fait de commentaires sur l’intention de preneur d’otages de lui parler. L’identité des otages n’a pas été révélée.


20 Minutes
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