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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Les cerveaux du réseau Pachtou condamnés


Le tribunal correctionnel de Paris a condamné à des peines allant jusqu'à sept ans fermes 24 des 25 membres, principalement afghans et kurdes d'Irak, du réseau Pachtou, une filière d'immigration clandestine vers la Grande-Bretagne. Retour sur les deux années de traque qui ont mené leurs leaders devant la justice.

Les enquêteurs l'ont baptisé le "réseau Pachtou", en référence à la langue du même nom. De 1999 à 2005, des centaines, voire des milliers, de clandestins d'origine afghane ou kurde d'Irak ont eu recours à ses services. Ils étaient convoyés d'Irak en Grande-Bretagne, en passant par la Turquie, la Grèce, l'Italie, la France ou la Suisse.

La police française a mis un terme à ce trafic en décembre 2005. Près de deux ans plus tard, 25 personnes, en majorité des Irakiens, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Paris, fin novembre. Pour le juge d'instruction Baudouin Thouvenot, ce procès était exceptionnel. "Le réseau Pachtou apparaît comme l'une des plus vastes filières d'immigration clandestine démantelées à l'échelle européenne", écrivait-il dans son ordonnance de renvoi.

Tout commence à l'automne 2004, à l'occasion d'un contrôle routier effectué par des policiers du XIe arrondissement de Paris. Un Afghan est arrêté alors qu'il transporte cinq compatriotes, tous sans papiers, dans sa Ford Sierra. Les six hommes sont relâchés, mais des policiers de l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre les suivent.

Dans l'ombre des "passeurs", ils découvrent les ramifications de ce trafic. Peu à peu, de nombreuses écoutes téléphoniques leur permettent d'en savoir davantage sur les codes, les usages, les tarifs du réseau.

L'organisation est bien structurée: elle a ses chefs, ses rabatteurs, ses passeurs, ses transporteurs. Pour désigner les clandestins à convoyer, ils parlent d'"oiseaux" ou de "poussins". Au-delà de Paris, ils ont des connexions à Bourg-en-Bresse (Ain), Oyonnax (Ain), Troyes (Aube) ou Reims (Marne). Et c'est dans le Pas-de-Calais que se font les transferts vers la Grande-Bretagne, les oiseaux montant de nuit à bord de camions en partance pour l'Angleterre.

Les passeurs se font parfois payer en bijoux, mais le plus souvent au moyen de virements bancaires Western Union vers des comptes en Grande-Bretagne. Les tarifs vont de 2000 à 5500 euros pour le trajet Irak-France. Une somme à laquelle il convient d'ajouter de 350 à 550 euros pour la traversée de la Manche.

400 policiers mobilisés, 53 suspects arrêtés
En dix-huit mois, les enquêteurs ont recensé des virements franco-britanniques d'un montant total de 288 000 euros. Mais, si l'on considère que le trafic durait depuis 1999, et que de nombreux paiements ont été effectués en Irak, les recettes globales iraient de 3 à 6 millions d'euros.

Le 7 octobre 2005, des magistrats et des policiers de divers pays se réunissent à La Haye (Pays-Bas). "Le réseau étant désormais clairement identifié, il s'agissait de préparer d'urgence une grande vague d'interpellations", expliquait François Falletti, représentant de la France à Eurojust, organisme de coopération judiciaire, et président de l'Association internationale des procureurs et poursuivants. "La volonté commune de frapper fort était sans précédent en Europe", soulignait le vice-procureur parisien Olivier Bray.

L'opération Pachtou est déclenchée le 15 décembre 2005. Elle mobilise 400 policiers. 53 suspects sont arrêtés, dont 22 en France, 18 en Italie, 7 en Grande-Bretagne, 3 en Grèce et 3 en Turquie. Il s'agit non de simples exécutants, mais de têtes de réseau. Ceux qui ont été jugés en France ont été condamnés à des peines allant jusqu'à 7 ans ferme.



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