Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

En effet, une approche globale du règlement de ce problème est nécessaire. Selon le rapport récemment publié par l’Office "Traite des personnes : tendances mondiales", 127 pays à travers toutes les régions du monde sont à l’origine du travail des esclaves pratiqué dans 137 Etats. Parmi les pays d’origine de la traite des êtres humains, le document mentionne la Thaïlande, la Chine, le Nigeria, l’Albanie, la Bulgarie et certains pays de l’espace postsoviétique : la Biélorussie, la Moldavie et l’Ukraine. Parmi les leaders de l’exploitation figurent la Thaïlande, le Japon, Israël, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, la Turquie et les Etats-Unis. Evidemment, la traite des êtres humains est l’une des dimensions substantielles du fossé qui ne cesse de se creuser entre le "Nord riche" et le "Sud pauvre".
La mondialisation économique, l’extension du régime de l’Organisation mondiale du commerce (d’après les données de la Chambre de commerce et d’industrie de Russie, plus de 92% du déplacement des marchandises et des services sont régis par les dispositions de l’OMC), l’accélération de la croissance économique des pays postsocialistes et des puissances exportatrices d’Asie ne sont pas les seules raisons de l’essor du commerce mondial qui a dépassé le cap des 6.000 milliards de dollars, dont au moins 10% sont assurés par le crime transnational. Il s’agit du trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains.
De l’avis des participants à la conférence, la lutte contre le trafic d’êtres humains doit cumuler des mesures internationales et nationales. Au niveau global, le Protocole de l’ONU sur la lutte contre la traite des êtres humains entré en vigueur en décembre 2003 peut devenir un instrument efficace de lutte. Il a déjà été signé et ratifié par 110 Etats. Cependant, comme le constatent les experts de l’ONU, rien n’a été fait au niveau national pour que les dispositions du protocole soient intégrées à la législation intérieure.
Cependant, un maximum d’efforts doivent être déployés au niveau des Etats. La nécessité d’améliorer la qualité du contrôle des cas de travail forcé est à l’ordre du jour. Même dans les pays développés, les résultats sont, pour l’instant, peu rassurants. Ainsi, en 2004 en Allemagne, des actions en justice n’ont été engagées que dans 972 des 20.000 cas supposés de travail forcé.
Par Andreï Baïkov
Andreï Baïkov est chercheur au Centre d’études postsoviétiques du MGUIMO (Institut des relations internationales de Moscou).
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.