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| Huit mois ferme pour des escroqueries dans les bureaux de poste Tribunal de Saint-Etienne. Dans le Gier et à Chavanay, à l'aide de documents falsifiés, ils parvenaient à se faire remettre de l'argent. Trois hommes ont été condamnés |
| Tout a démarré le 5 avril 2006 lorsque la Poste de Lorette signalait à la police qu'un homme avait tenté de se faire remettre 800 euros en présentant un relevé de compte et un passeport visiblement faux. Au cours de l'après-midi, la même escroquerie était tentée, sans succès, aux bureaux de poste de Saint-Paul-en-Jarez et L'Horme. Repérés par des témoins, les trois hommes, circulant dans une Toyota étaient interpellés. Faisaient-ils partie d'un de ces réseaux exploitant une nouvelle technique, région par région? Pas sûr. Dans le cas présent, le trio, trois ressortissants africains en situation précaire, s'était construit dans un bar de La Part-Dieu à Lyon. L'un d'eux semblait tenir le rôle principal, les deux autres avaient un rôle d'appoint. Outre ces tentatives avortées, il était aussi reproché au principal prévenu trois retraits de 800 euros à la Poste de Chavanay, ainsi que des retraits à Peaugres, Félines et Serrières, pour un préjudice d'environ trois mille euros. «Une véritable tournée des bureaux de Poste» selon le procureur. Vols dans les boîtes à lettres La technique utilisée a été décrite à l'audience. Elle consistait d'abord à subtiliser des documents administratifs à des particuliers, souvent dans les boîtes à lettres (un prévenu était d'ailleurs en possession d'un Pass PTT). Puis, à partir des documents étaient établis de fausses pièces d'identité, passeports, permis de conduire, par un faussaire habile. Ainsi, les escrocs se faisaient-ils remettre de l'argent en présentant un relevé d'identité postal et des papiers au nom d'une victime. Mieux, à Serrières, un des égrefins avait pu, avec l'appui de faux documents, encaisser un mandat-cash qu'il avait lui-même envoyé depuis la poste de Chavanay. Un an requis Des trois hommes poursuivis, Jonah Domingos, 32 ans, était le plus menacé. Mais s'il reconnaissait les trois tentatives d'escroquerie dans le Gier, il niait les autres faits s'appuyant sur une reconnaissance moins formelle des employés. Son avocate, Me Joumard, a mis en évidence un profil psychologique tourmenté, directement lié aux événements tragiques qu'il a vécus dans son pays le Rwanda. Déjà condamné, il n'a pu éviter la peine de huit mois ferme pour l'ensemble des faits d'escroquerie, tentative et usage de documents falsifiés. Simao Kallo, 25 ans, son coprévenu, conducteur du véhicule, a écopé de six mois ferme pour avoir participé à cette équipée. Quant au troisième homme, Benjamin, 26 ans, relaxé pour la complicité des faits commis à Peaugres et Félines, a écopé de quatre mois ferme. Le parquet avait requis un an ferme pour les trois. Le tribunal a enfin condamné M. Domingos à indemniser La Poste, partie civile. Le Progrès |