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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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L'échec d'un retour au pays

 

La famille Covacu n'avait plus de quoi se nourrir en Roumanie. De retour dans un squat de l'agglomération lyonnaise, il y a tout juste une semaine, ce couple rom et ses trois enfants font profil bas. En septembre, ils avaient accepté de partir de Lyon avec l'aide au retour de l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations (Anaem), soit 443 euros. Une décision prise plutôt par peur que par consentement. A l'époque, le préfet du Rhône, Jacques Gérault, avait présenté ces centaines de rapatriements humanitaires organisés après l'expulsion du bidonville de Vénissieux comme une avancée. Il avait expliqué qu'un petit pécule serait versé aux Roms une fois installés dans leur village pour qu'ils puissent démarrer une activité professionnelle.

Arrivés à Oradea (nord-ouest de la Roumanie) après 30 heures de car, l'ONG Fondation Kelsen les a accueillis. « Quelqu'un a pris nos coordonnées pour passer nous voir. Et puis on a dû payer le taxi pour rentrer chez nous, à 60 km d'Oradea, raconte le père Covacu, âgé de 33 ans. L'argent de l'Anaem nous a permis de manger deux semaines. C'est tout. » Trois mois plus tard, la famille n'a vu aucune association reprendre contact avec elle. Alors, elle a décidé de repartir. « En France, on trouve plus facilement de la nourriture », poursuit le maçon.

« La mise en oeuvre du programme de co-développement nécessite un investissement temps important », admet Claude Poret, directeur territorial à Lyon de l'Anaem. Selon lui, le nombre de Roms de Roumanie revenus en France est « inconnu ». « Seuls quelques cas m'ont été signalés », note-t-il. Pourtant, dans le même squat où loge la famille Covacu, une femme de 21 ans vient aussi de réapparaître dans l'agglomération après avoir touché l'aide de l'Anaem. Les yeux cernés, elle a fait le voyage avec ses trois enfants, dont un de trois mois. « C'est plus facile ici pour le bébé », glisse-t-elle. Un autre vieillard de la maison raconte lui aussi son énième aller-retour. De ces trois Roms, aucun ne semble avoir saisi l'intérêt de ce retour accompagné par l'Anaem. Sans doute, n'ont-ils pas été assez suivis. « Les possibilités d'aide qu'ils pourraient avoir sont largement diffusées », assure pourtant Claude Poret.


Carole Bianchi - ©2007 20 minutes
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