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Invitée le 2 décembre 2007 à commenter au micro du Grand jury RTL les évènements de Villiers-le-Bel, Rachida Dati avait eu cette réponse sur l’avenir des banlieues : « Pendant trente ans, on a saupoudré. On va faire différemment. Avec Fadela Amara, on va faire de la haute couture ». À quoi songeait véritablement notre Garde des Sceaux, ce dimanche soir là, en répondant ainsi aux questions des confrères. Aux banlieues ? Pas certain…
Quelques jours plus tard, c’est notre Johnny national – de retour de Suisse - qui vend la mèche : hilare (les distractions sont rares en Suisse), tandis que les cheminots et les professions de justice battent le pavé contre la carte judicaire et leurs retraites, le rocker raconte dans tout Paris qu’entré chez Dior pour s’acheter un costard, il y croise alors Rachida dans un salon privé, très affairée à un essayage en vue d’une séance photo pour Paris-Match.
Ah queeee… Johnny n’avait pas la berlue ! Le 6 décembre, en effet, Rachida occupe la Une et plusieurs pages intérieures de l’hebdo pour un « entretien vérité » assorti de clichés réalisés dans un palace de la place Vendôme. Le poids des mots : « toute petite, j‘ai eu le goût d’être bien habillée. C’est une question de correction à l’égard des autres. Maman me l’a enseigné (…) mes tenues n’ont rien de branché. Elles sont classiques. Tout mes T-shirts « Autre ton » viennent de Monoprix. Comme maman le disait : “Ce n’est pas le vêtement qui compte, c’est le cintre” ( … ) On m’a toujours félicitée sur mon élégance ».
Des félicitations auxquelles s’associe volontiers Bakchich. Si le vêtement ne compte pas, remarquons qu’il « coûte » tout de même un peu. C’est, comme le logement, un budget non négligeable des ménages, surtout en ces temps de baisse du pouvoir d’achat. En matière de logement, il existe, on le sait au sein du personnel politique, des Tibéri au fils Juppé en passant par la famille Gaymard jusqu’au dir-cab de Christine Boutin, bien des stratégies pour s’affranchir de la flambée de l’immobilier.
En serait-il de même pour l’habillement ?
Oui, semble t-il à examiner de plus près l’impressionnante garde-robe de notre garde des Sceaux. Épluchant de multiples magazines dont elle est l’incontestable coqueluche, puis en s’informant sur les prix de vente au public, confessons-le d’emblée, cette enquête ne nous a guère menés derrière les caisses de Monoprix. Mais au contact des plus grands couturiers de la place de Paris.
Chez Dior, en particulier pour les robes, les bottes et même les lunettes (275 euros la paire pour masquer sa douleur le jour de l’enterrement de Jacques Martin). Mais aussi chez Chanel (veste), chez le chausseur de luxe Roger Vivier pour des petites ballerines (380 euros) toute simples, mais bien confortables, pour aller fermer un tribunal d’instance en Basse Normandie. Notons également un tropisme pour « Dinh Van », un joaillier très branchouille. Rachida a craqué pour « deux petits coeurs entrelacés retenu par un lien de cuir », offert par « sa sœur » Cécilia, l’ex-Première Dame. Depuis peu, ce bijoutier très inspiré par l’amour vache propose même des menottes en or blanc : à 400 euros la paire.
Pour la fameuse scéance photo de Paris -Match, Madame Dati porte une petite robe « rose tachetée panthère » de la collection « Croisière » de John Galliano (Dior). Prix Public ? 1 850 euros. Les bottes noires (Dior également) sur la même photo sont estimées entre 700 et 900 euros par notre experte. Soit 2 500 euros au bas mot pour l’ensemble.
Mais Rachida s’habille aussi parfois en Prada. Une maison qu’elle a découverte aux cotés de Cécilia, alors qu’elle faisait ses premiers pas au ministère de l’Intérieur comme modeste conseiller technique. A l’époque, la robe d’été était rouge. Mais depuis, Rachida est montée en gamme, la robe est désormais jaune canari et certainement de meilleure facture : 1 200 euros.
Pour sa photo officielle de ministre de la Justice, la Garde des sceaux a porté son choix sur un couturier réputé plus sobre. Une jolie veste Chanel bleu nuit, idéale en cas de mutation place Beauvau : 3 800 euros…
Même si, pour cause d’agenda surchargé, notre ministre est rarement à l’heure, ce n’est faute d’y mettre le prix pour tenter d’y parvenir. Au cours de la campagne présidentielle apparaissait ainsi à son poignet une montre Chaumet – modèle « classe one » – vendue dans le public 9000 (neuf mille) euros !
En septembre dernier Mme Dati faisait aussi la une de « Point de Vue ». On la découvre au bras de John Galliano, le couturier vedette de Dior. Radieuse, elle porte ce soir là une délicieuse petit robe noire scintillante à… 15 000 euros. Le titre qui barre la couverture du magazine en dit long sur le programme : « Politiques, Stars et milliardaires : la nouvelle alliance ». On fête ce soir là les 60 ans de Dior et c’est Bernard Arnault – première fortune de France – qui régale.
270 privilégiés ont ainsi été conviés au dîner de l’année, suivi d’un concert d’Elton John. Parmi les VIP, Sharon Stone, le Baron Seillière, la « reine » Christine Ockrent, « l’impératrice » Farah, et encore des Bouygues, des « Fillon », un Delanoë, la Chazal et bien d’autres…
De quoi mesurer le chemin parcouru par « la petite fille des cités » (Paris-Match). Lors du dîner, Rachida est placée à la table d’honneur aux cotés de Bernadette Chirac et de Bernard Arnault. A main gauche du Garde des sceaux, un baron (Rothschild), à sa droite, un duc. Epatant !
Reste qu’avec 14 000 euros de salaire mensuel, on peut s’interroger par quelle prouesse la « fashion victim » de la place Vendôme finance ses luxueuses toilettes. Du bout des lèvres chez Dior, en réponse aux questions de Bakchich, on concède que « Mme Dati bénéficie d’un vestiaire permanent ». Ce qui, en français de Chalon-sur-Saône, la ville où elle est née, signifie qu’elle ne paie pas ses fringues et pioche dans ce qui lui plaît — sans obligation de rendre les frusques ! Seules les jalouses trouveront à y redire. Nul doute que si parfaitement « cintrée », Rachida soit indiscutablement une ambassadrice de chic, de choc et de charme. Pour la maison Dior… !
Reste que ce privilège n’est, selon l’usage, réservé qu’à la première Dame de France ou aux plus grandes stars internationales. Pour une simple ministre, ce caractère « permanent » paraît sans précédent.
Proche de Sarkozy, Bernard Arnault est l’un des hommes d’affaires les plus puissants du pays. Homme d’influence et de réseaux, il vient de prendre le contrôle du premier quotidien économique du pays, les Echos.
Au titre de ses multiples activités, Arnaud est tributaire de nombreux arbitrages judiciaires. Dans ce contexte, le désir du magnat du luxe d’habiller le ministre de la Justice apparaît comme un mouvement bien naturel. L’est-il vraiment pour autant ?