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Six cents affiches pour lever le tabou sur l'avortement. La région lance dès aujourd'hui une campagne dans les gares et le métro intitulée « Un droit, mon choix, notre liberté ». L'objectif est d'abord d'inciter les Franciliens à aborder la contraception et l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en contactant une plateforme téléphonique. «Les femmes ont encore un mal fou à savoir où s'adresser», atteste Françoise Laurent, présidente du Planning familial d'Ile-de-France.
Cette volonté de sensibilisation fait partie d'un engagement plus global du conseil régional, qui a voté en 2006 un budget de six millions d'euros pour améliorer l'accès à l'IVG. Il y a trois ans, Michèle Loup, conseillère régionale (Verts) en charge de l'Egalité hommes-femmes, dressait un constat alarmant.
Entre 1999 et 2005, cinquante centres d'orthogénie, qui réalisent les IVG, ont disparu - faute de rentabilité la plupart du temps -, portant leur nombre à 126. Pourtant, 58.220 interventions sont pratiquées chaque année dans la région, ce qui représente 25% des IVG effectuées en France. Et alors que deux tiers des avortements se font dans le secteur public sur le territoire national, 58% sont assurés par le privé en Ile-de-France. «Le délai d'attente pour une IVG monte trop souvent à trois semaines, contre cinq jours préconisés par la loi. Ce qui pousse les Franciliennes à partir à l'étranger» quand le délai de douze semaines de grossesse est dépassé, note Michèle Loup. «Aujourd'hui, l'IVG est permise mais n'est pas organisée. Il manque un réel plan national de santé», selon Françoise Laurent, qui espère que cette campagne sensibilisera aussi les pouvoirs publics.
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«Sexualité, contraception, avortement. Un droit, mon choix, notre liberté.» C'est le titre militant de la campagne d'information qu'a lancée hier le conseil régional d'Ile-de-France pour promouvoir l'accès des femmes à l'avortement. Une première qui indigne de nombreuses associations, non seulement d'un point de vue éthique mais encore d'un point de vue politique.
En effet, si de fréquentes campagnes en faveur de la contraception ont eu lieu depuis la libération sexuelle, jamais ne s'était produit ce parti pris, véritable «publicité pour l'avortement», décrient les opposants à cette initiative. D'autant que les 300 000 euros engagés pour le placardage des quelque 600 affiches dans le métro et RER du réseau francilien relèvent d'un financement public.
Au conseil régional d'Ile-de-France, la démarche part d'un constat «de nécessité et d'urgence», justifie sa vice-présidente, Francine Bavay, spécifiquement chargée des questions de santé et initiatrice de cette campagne. Selon elle, les délais de prise en charge dépasseraient trois semaines dans la région, alors que la Haute Autorité de la santé (HAS) le fixent à 5 jours, et la région souffrirait d'une défection alarmante du nombre de sites réalisant les interruptions volontaires de grossesse (IVG) : « 126 en 2005 alors qu'il y en avait 176 en 1999, autrement dit 50 en moins ! », affirme-t-elle. Alors que 58 220 avortements, sur les 220 000 réalisés chaque année en France, ont lieu en Ile-de-France, soit 25 %.
Un phénomène qui conduirait certaines femmes à aller à l'étranger pour se faire avorter. «De 3 000 à 5 000» au plan national, estime le Mouvement français pour le planning familial (MFPF), qui déplore que «l'accès à l'avortement reste encore si difficile, plus de trente ans après sa légalisation».
Pour Francine Bavay, non seulement «il faut définitivement lever le tabou» et changer «ce qui reste avant tout une course contre la montre et une course d'obstacles», mais en plus le financement public n'est que faux débat puisqu'« il trouve sa légitimité dans l'existence même de la loi , qui vaut pour le bien du plus grand nombre ».
Choqué par cette campagne qui «vend » l'avortement comme un voyagiste ferait « une promo pour les vacances de ski », Pierre Balincourt, porte-parole de la Life Parade, une association militante pour la « vie et la famille », s'indigne de cette «véritable incitation». «“Venez, c'est gratuit !”, a l'air de dire cette campagne, dit-il. C'est un sujet trop grave pour qu'on agisse ainsi. L'argent public devrait plutôt servir à écouter et accompagner ces femmes en détresse que de se limiter à organiser l'avortement. »
Des manifestations sont prévues demain, notamment à Paris avec la « marche pour la vie». Organisateur de cet événement annuel, qui se tient à chaque date anniversaire de la loi Veil, le collectif «30 ans, ça suffit» condamne ce «cran de plus dans l'horreur», cette «banalisation de l'imbanalisable », commente Paul Ginoux Desermon, porte-parole du collectif, qui attend 10 000 personnes.
Le Figaro