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AFP/archives
Depuis que le chef historique du Front national a annoncé le 12 avril qu'il passerait la main en 2011, après 39 ans à la tête du parti qu'il a fondé, les deux prétendants ont maintes fois affiché leur souhait d'une campagne "apaisée" et "fraternelle" pour donner l'image d'un parti mûr et responsable.
Mais alors que la confrontation commence à peine, une première fissure est apparue sur une simple question d'organisation, en l'occurrence les conditions d'obtention de vingt parrainages auprès des secrétaires départementaux pour pouvoir se présenter.
Bruno Gollnisch a demandé officiellement que ces soutiens puissent être anonymes, craignant que certains n'osent pas s'afficher publiquement.
Sans s'opposer à cette demande, Marine Le Pen a trouvé que la démarche jetait "un voile de suspicion qui n'a pas lieu d'être".
"Ca laisse entendre que Jean-Marie Le Pen ou moi-même aurions la volonté de purger ou de demander des comptes aux secrétaires départementaux qui donneraient leur parrainage à Bruno Gollnisch et ça n'est pas vrai", s'est offusquée la fille du président du FN.
Enfonçant le clou, Marine Le Pen en a profité pour conseiller à son concurrent "de s'occuper de ses soutiens extérieurs, qui eux, en revanche, multiplient les insultes, les injures, les provocations" à son égard.
L'élue du Nord-Pas-de-Calais visait des propos virulents de certains de ses détracteurs au sein de l'extrême droite, qui ne font pas partie du FN mais ont pris fait et cause pour Bruno Gollnisch et voudraient peser dans la perspective du congrès.
Lors de ce rendez-vous crucial, prévu les 15 et 16 janvier 2011 à Tours, les adhérents devront trancher entre deux personnalités que "tout différencie", résume un membre du comité central du parti.
Pour ceux qui la soutiennent, Marine Le Pen, avocate née en 1968, représente l'image d'un FN "plus moderne", qui saurait à la fois dénoncer l'immigration tout en renforçant le discours social auprès des électeurs.
"En terme d'efficacité, d'image et de crédibilité du mouvement, elle incarne l'avenir", insiste l'un de ses soutiens. "Conserver l'électorat traditionnel du FN c'est bien, mais il faut surtout élargir et convaincre chez tous les déçus du gouvernement".
Face à elle, Bruno Gollnisch, 61 ans, universitaire, professeur, compagnon de route de M. Le Pen, joue la carte de l'expérience et de la fidélité à l'héritage politique du FN.
"J'ai toujours montré une résistance totale à la dictature morale du politiquement correct", assure notamment l'élu de Rhône-Alpes à l'AFP, allusion à peine voilée à la stratégie de "dédiabolisation" que l'on prête à sa rivale.
S'il pâtit d'un incontestable retard au niveau médiatique sur Marine Le Pen, M. Gollnisch croit en ses chances devant les militants et compte sur son image de rassembleur, notamment auprès des catholiques traditionalistes.
Et même si Jean-Marie Le Pen, sans prendre officiellement parti, a déjà laissé entendre sa préférence pour sa fille, "le résultat sera très serré", prédit un secrétaire départemental du FN.
AFP