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Une interdiction administrative de stade de trois mois a été prononcée vendredi par le préfet de Lorraine contre un supporteur de Metz, auteur présumé de propos et de gestes à connotation nazie lors d'un match de L1 ayant opposé samedi l'équipe lorraine à Lyon, a indiqué la préfecture.
Cette interdiction frappera, du 1er mars au 1er juin --durée maximale autorisée par la réglementation en vigueur--, "un supporteur se reconnaissant membre du groupe +La Faction+ ayant accompli et proféré des gestes et propos à caractère extrémiste et xénophobe" lors de la rencontre disputée au stade Gerland de Lyon, précise la préfecture dans un communiqué.
Ce supporteur, dont l'identité n'a pas été révélée, aurait reconnu partiellement les faits et expliqué aux enquêteurs qu'il avait bu "plus que de raison", a-t-on appris de sources proches du dossier.
Un deuxième supporteur identifié comme auteur présumé des mêmes faits sera prochainement entendu par la police, ajoute la préfecture dans son communiqué. "Si, lors de l'audition, des éléments tangibles venaient également confirmer son implication dans cette affaire, une décision similaire d'interdiction de stade serait immédiatement prise à son encontre", souligne-t-elle.
Mardi, le FC Metz avait déposé plainte après que ses stadiers eurent rapporté qu'à la fin de la rencontre, une demi-douzaine de supporteurs avaient eu des gestes "à connotation nazillonne".
"Il y a eu un bras tendu, un +Sieg Heil+ a été lancé et une chanson (nazie) a été entonnée", selon Jacky Ancel, directeur de la sécurité du club lorrain.
Le club s'était également constitué partie civile en invoquant l'article L332-7 du code du sport qui punit d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende l'introduction, le port ou l'exhibition dans une enceinte sportive, lors du déroulement ou de la retransmission en public d'une manifestation sportive, des insignes, signes ou symboles rappelant une idéologie raciste ou xénophobe.
La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) s'était associée à cette plainte, considérant que les faits incriminés étaient le fait de La Faction, "une frange radicale de supporteurs du FC Metz, (...) un groupuscule politico-extrémiste connu des services de police".
Mercredi, le préfet Bernard Niquet avait déjà ordonné une mesure d'interdiction de stade de trois mois à l'encontre de Christophe H., auteur présumé d'insultes racistes contre le défenseur de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou, lors d'un autre match de L1, Metz-Valenciennes, disputé le 16 février.
Cet agent de sécurité de 37 ans domicilié à Woippy (Moselle), qui ne pourra plus se rendre dans un stade avant le 23 mai, doit comparaître le 18 mars devant le tribunal correctionnel de Metz, poursuivi pour "insultes publiques à caractère racial".
Cette nouvelle interdiction de stade prononcée par le préfet de Lorraine survient à la veille du match Metz-Caen (L1) au cours duquel les supporteurs messins prévoient "une action symbolique" contre le racisme et la violence.
Les joueurs de Metz disputeront samedi soir la rencontre vêtus d'un maillot blanc, vierge de toute publicité et sur lequel sera inscrit "Non au racisme" tandis que les acteurs Patrick Timsit et Mouss Diouf donneront le coup d'envoi de la rencontre au stade Saint-Symphorien.
© 2008 AFP