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Entre 1 500 personnes, selon les organisateurs, et 500, selon la police, ont manifesté samedi de la porte d'Aix à la préfecture pour dénoncer la politique d'immigration du gouvernement.
A l'appel du collectif Unis contre l'immigration jetable, qui fédère une quarantaine d'associations, les manifestants se sont rassemblés derrière une banderole « Immigration jetable : non ».
Le cortège s'est arrêté un instant dans la rue Fiocca. « Une halte pour se souvenir de la centaine d'individus expulsés par le préfet en plein hiver alors qu'ils vivaient dans ces immeubles », a expliqué un membre du Collectif des sans-papiers 13. Pour Jean-Pierre Cavalier, délégué régional de la Cimade, service oecuménique d'entraide, « la chasse aux étrangers s'accentue de jour en jour en France. Cette politique met en danger la démocratie. »
La mort d'un sans-papiers tentant d'échapper à un contrôle de police est-elle un drame ? « Oui », ont clamé samedi plusieurs milliers de manifestants, qui ont défilé en France à l'appel de la CGT et de l'extrême gauche à la suite de la noyade, vendredi, d'un Malien dans la Marne. « Oui, mais... », leur a rétorqué hier le nouveau porte-parole du gouvernement. Invité hier du « Forum radio J », Luc Chatel a d'abord eu « une pensée pour la famille de ce jeune ». « Mais nous sommes dans un pays où il y a un état de droit, a-t-il poursuivi. Il y a des contrôles de police et quand on est un citoyen en règle, on se conforme aux contrôles de police. »
Vendredi, un Malien de 29 ans est mort noyé à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Il avait été interpellé après avoir passé les portiques du RER sans valider de titre de transport. L'homme a pris la fuite quand les policiers ont voulu vérifier s'il était recherché. Les agents l'ont poursuivi sur 400 m avant qu'il se jette depuis le quai dans la Marne. En situation irrégulière, il était depuis janvier sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière.
Scandale au Comité des sans-papiers (CSP 59). Dans la nuit de dimanche à lundi, leur local de la rue Bernos a été vandalisé. « Un ordinateur et deux téléphones ont disparu, déclare Roland Diagne, porte-parole du comité. Les vitres cassées et les canalisations d'eau détruites. » C'est hier matin qu'un responsable du comité a découvert le saccage. La police est intervenue immédiatement pour les constatations d'usage et les relevés d'empreintes.
« Dans le contexte de guerre avec la préfecture, j'ai l'impression qu'on veut nous liquider », dénonce carrément Roland Diagne, qui crie au complot. La direction départementale de la sécurité publique (DDSP) évoque, de son côté, une affaire « classique » sur laquelle on pourrait en savoir davantage aujourd'hui ou demain.