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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Opération commando en jugement


Une affaire rondement menée, bien pensée, minutée et exécutée avec une précision d’orfèvre.

Ce 31 octobre 2006, peu après cinq heures, un chauffeur de la société Barbier de Saint-Symphorien-d’Ozon à bord de son 38 tonnes s’apprête à livrer aux Galeries Lafayette un stock de produits de luxe pour une valeur de plus de 120000 euros lorsqu’un tracteur-routier lui barre le passage. L’homme est extrait de l’habitacle pour être poussé dans une Laguna après avoir été ficelé et cagoulé. Direction l’Ain où il est abandonné en pleine campagne. Pendant ce temps, un autre duo se charge du camion. On échange précisément le tracteur pour neutraliser le GPS de la société et l’on trouve un endroit tranquille pour opérer le transfert des cartons dans deux camionnettes préalablement cachées derrière un bosquet. Le tour est joué comme quinze jours plus tôt dans l’Isère à Chuzelles. L’enquête finit par confondre deux des quatre participants à cette opération commando digne d’un scénario de série télévisée. Badir Amarni, 30 ans, est loin d’être inconnu des services judiciaires puisqu’il a été condamné à une dizaine de reprises pour des faits notamment de vols avec violence. Kamel Touil, 39 ans, n’a jamais fait défavorablement parler de lui jusqu’alors. Mais tous deux reconnaissent les faits tout en «mouillant» du bout des lèvres un certain Aziz comme étant le commanditaire et complice de rencontre dans un bar du quartier Saint-Jean de Villeurbanne. Du bout des lèvres seulement car lorsque les policiers leur présentent la photo d’Aziz D., dit «le gros», au passé chargé et à la réputation sulfureuse, ils sont beaucoup plus taiseux et soudain frappés d’amnésie. Assez d’éléments aux yeux du parquet pour renvoyer les trois prévenus dans les cordes et réclamer six années de prison « pour des pillards de la route organisés et déterminés». Trois avocats et trois styles pour tenter d’infléchir le fléau de la balance : tout d’abord un Philippe Scrève jouant pour Badir sur le registre de la contrition, un Jean-Louis Abad, enflammé pour décrire le «moment d’égarement» d’un Kamel au passé sans tâches et un Jean-Félix Luciani didactique pour un Aziz «qui ne doit pas être le seul dans un bar à Villeurbanne à porter ce prénom et qui surtout n’a jamais été reconnu sur les clichés photographiques». Au terme du délibéré, le tribunal a fait la part des choses en condamnant Amarni à 4ans de prison, Touil à 4ans dont deux avec sursis. Des peines identiques à celles prononcées par le tribunal de Vienne pour la première affaire. Par contre, Aziz D., faute de preuves, a été relaxé.

 

Le Progrè

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