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Leterme s'est rendu lundi soir auprès du roi Albert pour lui remettre sa démission. Le souverain n'a pas encore décidé s'il l'acceptait ou non et devait consulter à partir de ce mardi après-midi les hauts responsables politiques.
Le roi Albert II pourrait soit demander à Leterme de rester en fonctions, soit se tourner vers un autre membre de son gouvernement, comme le ministre des Finances, le Wallon Didier Reynders.
"Je crois que l'on peut parler d'une crise, c'est évident. Lorsque le Premier ministre démissionne, même si la décision est en suspens, c'est une crise", a dit Reynders à la radio RTBF.
En démissionnant quatre mois après son arrivée au pouvoir, Leterme tire les conséquences de son incapacité à faire adopter des mesures attribuant davantage de pouvoirs à la Flandre et à la Wallonie.
Le Premier ministre démissionnaire s'était donné jusqu'au 15 juillet pour parvenir à un accord entre partis néerlandophones et francophones sur une réforme des institutions.
Reynders, qui a déjà été reçu en audience par le roi, a déclaré à l'agence de presse Belga qu'il était "désolé que tout le travail socio-économique qui avait été engrangé soit mis en péril".
A la tête d'une coalition de cinq partis, Leterme, chef de file des démocrates-chrétiens, était arrivé au pouvoir en mars après neuf mois d'une crise sur fond de division linguistique qui avait mené le pays au bord de l'éclatement.
Le vainqueur des élections législatives de juin 2007 avait obtenu l'accord de ses alliés sur le budget et sur les questions socio-économiques, mais a échoué sur le volet institutionnel, que ce soit sur de nouveaux transferts de compétences à destination de la Flandre et de la Wallonie ou sur la réforme de l'arrondissement électoral "BHV", pour Bruxelles-Hal-Vilvorde, ou quelque 120.000 francophones vivant en périphérie de Bruxelles peuvent voter pour des listes électorales francophones.
Les démocrates-chrétiens, et surtout leurs alliés de la Nouvelle alliance flamande (NVA, nationaliste), se sont rendus compte qu'ils ne parviendraient pas à faire accepter aux partis francophones l'ensemble de leurs mesures favorables aux Flamands, a estimé Reynders.
Le chef de file de la NVA, Bart de Wever, a de son côté estimé que le projet de réforme avancé par Leterme ne consistait qu'à geler le partage des pouvoirs entre le gouvernement central et les régions. "Il n'y a rien là-dedans", a-t-il assuré.
Dans l'hypothèse ou de nouvelles élections législatives seraient organisées, les sondages prédisent qu'elles ne seraient pas favorables à la plupart des partis actuellement au pouvoir.
Dans un communiqué, les services de Leterme ont constaté l'impossibilité d'atteindre un accord et de concilier les points de vue des deux communautés.
"Cela montre que le modèle du consensus au niveau fédéral a montré ses limites", déplore le texte.
Leterme semblait lundi avoir progressé en obtenant des dirigeants flamands et francophones de venir négocier la réforme des institutions. Toutefois, face aux réserves émises par son propre parti et au rejet catégorique de la NVA, le Premier ministre a dû renoncer à ces négociations qui auraient mis en péril sa coalition.
Reuters