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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Guerre et masculinité


"Une société en forme a besoin du masculin et du féminin. Si l'un des pôles disparaît, tout se détraque. Mais dans un monde en paix sans l'horizon de la guerre, existe-t-il encore une place pour la masculin?

Relisant notre dossier sur Mai 68 (NRH 36), je m'aperçois que nous avons omis une part de la réflexion capable d'expliquer notre monde dévasté. Un monde qui a sa source dans le siècle de 1914 dont Mai 68 est la conséquence. Il a également pour origine la fin de la guerre d'Algérie. Je vais y revenir.

Un exemple de notre monde dévasté? Le 18 février 2008, s'est ouvert le procès d'un lycéen malien (21 ans). Deux ans plus tôt, à Étampes, il avait, en pleine classe, porté sept coups de couteau à son professeur, une jeune femme, qui se sentit par la suite abandonnée par son administration. Ce même 28 février, la presse publia le dernier bilan de l'Observatoire de la délinquance. On y apprenait que, pendant l'année scolaire 2005-2006, chaque jour, soixante enseignants avaient été victimes de violences. je dis bien : chaque jour. Ces violences ne sont pas nécessairement à mettre au compte de l'immigration. Au même moment, on apprenait qu'un professeur de Barlaimont, pour avoir giflé un élève de sixième qui l'avait traité de «connard» , était renvoyé en correctionnelle. La juxtaposition de ces deux informations est éloquente. Une société qui réserve in professeur de Barlaimont une sanction suidiciaire pour un geste aussi nécessaire que le sien ne doit pas s'étonner du bilan assez effarant des violences dont sont victimes chaque jour les enseignants, souvent des femmes. Le constat du délabrement de notre société qu'ont fait dans notre dossier sur Mai 68 Jean Bothorel et le docteur Rassinier allait dans le même sens: familles pulvérisées, enfants à la dérive, parents démissionnaires, monde fracassé et content de l'être. Simultanément, multiplication des syndromes dépressifs, de l'exhibitionnisme de la télé-réalité, fragilisation d'adultes sans pères, démunis devant les plus minuscules épreuves de la vie.

Tous les observateurs s'accordent pour voir dans Mai 68 la cause de ce délabrement. Une analyse plus fine, d'ordre historique et anthropologique, permettrait de remonter plus haut. Cette analyse élargirait le champ d'observation et prendrait en compte l'inversion des valeurs subie par l'Europe au sortir des deux guerres mondiales (1914-1945). Cependant, en France, les effets ne se sont pas fait sentir immédiatement. Notre pays est resté en sursis jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie. Au terme de l'analyse que je propose, la signification de la guerre d'Algérie apparaîtra toute différente de celles qu'on lui accorde habituellement: fin heureuse de la dernière guerre de la décolonisation pour les uns, mise à mort accablante de l'Algérie française pour les autres. Le fait saillant, éludé par l'historiographie, peut être résumé autrement: la fin de la guerre d'Algérie a fait sortir la France de l'histoire. L'histoire qui l'avait forgée spirituellement en tant que nation et lui avait donné un destin. Dès la fin de cette petite guerre, ressentie par les Français comme la fin pour eux de toutes les guerres, le pays fut livré aux perspectives purement matérialistes de l'économie marchande, des loisirs et de la consommation.
Un vieux pays de tradition militaire a été propulsé dans un monde mental privé de l'horizon du conflit. Un horizon qui avait toujours été le sien, comme il avait été celui de l'Europe depuis l'Antiquité la plus lointaine. Personne, semble-t-il, n'a réfléchi en profondeur à cette mutation. Pour formuler ma thèse iconoclaste, je vois bien qu'il faudrait user d'une prudence de Sioux. Mais je n'en ai pas le temps.

Pour dire les choses en un mot, l'effacement de la guerre à l'horizon de notre histoire a entraîné dans toutes les sociétés européennes la disparition de la masculinité et l'envahissement de la féminité
. Essayons de comprendre. Un homme (vir) n'est légitimé dans sa virilité que par sa fonction de protection et sa fonction nourricière. De même, la femme est-elle avant tout légitimée par la reproduction et la perpétuation de la vie. Je perçois des protestations indignées. Je vais pourtant aggraver mon cas. Rien n'a changé depuis les premières sociétés claniques de chasseurs. L'homme comme archétype est toujours M. Cro-Magnon dont la femme et les enfants attendent qu'il rapporte un chevreuil pour le dîner, et qu'il protège le foyer contre les pillards. Quant à la femme, elle est toujours Mr Cro-Magnon qui se fait belle pour accueillir son homme, lui donne de beaux enfants et maintient vivant le feu du foyer. Quand je parle du masculin opposé au féminin, je ne songe donc pas à des personnes particulières parmi lesquelles figurent toutes les exceptions. Je songe à des valeurs et à des archétypes. Comme l'a écrit sur le mode plaisant un psychologue américain qui n'avait pas perdu la tête (John Gray), les hommes et les femmes sont issus de planètes différentes. Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Au cinéma, monde des archétypes, le masculin est incarné par Jean Gabin, Lino Ventura ou Clint Eastwood. Ils sont à l'aise dans le conflit et le recherchent. Ils sont silencieux et fermes. Ce sont des pères authentiques qui savent punir s'il le faut. Toujours au cinéma, le féminin est incarné par l'émouvante Romy Schneider. Son monde est celui de la sensibilité et de la douceur. Elle fuit le conflit avec horreur. Elle est toute compassion devant les victimes de la vie, même les moins défendables. Elle répugne à punir. L'univers de la psychanalyse lui convient, qui incite à se confier et prône la thérapie de la parole plus que les actes.

Ces différences justifient réciproquement le masculin et le féminin. Ce sont les deux pôles opposés et indispensables de la vie. Indispensables parce que complémentaires.
Si l'un des pôles disparaît, tout se détraque et l'on plonge dans le chaos. Le masculin seul engendrerait un monde de violence et de mort. Le féminin seul, c'est notre monde: les pères ont disparu, les enfants sont devenus de petits monstres capricieux, mous et tyranniques, les criminels ne sont pas des coupables, mais des victimes ou des malades qui doivent être compris et soignés. Les psys se multiplient ainsi que les psychopathes monsueux qui narguent leurs victimes et ricanent au nez des juges. La prison les fait rire. Seule la mort pourrait leur clouer le bec. Mais elle a été abolie, sauf pour leurs victimes.

Les signes de la féminisation de nos sociétés sont visibles. Délabrement de l'éducation, interprétation purement compassionnelle des guerres passées, féminisation des fonctions essentiellement masculines de gouvernement et de justice. Au printemps 2008, on vit ainsi le nouveau ministre espagnol de la Défense, une jeune femme très visiblement enceinte, symbole archétypal de la féminité, passer en revue de jeunes élèves officiers, regard figé au loin pour ne pas mourir de rire ou de ridicule. Conséquence parmi tant d'autres: durant l'année 2007, en France, 47 policiers se sont suicidés. Un par semaine, joli score! Suspectés par les juges et par la presse, boudés par leurs proches, ils se sont donné la mort plutôt que d'être niés dans ce qu'ils sont, leur virilité.

Bref retour sur les années 1958-1968, De Gaulle régnant. En 1962, le Général met fin à la guerre d'Algérie. Une guerre finalement assez peu meurtrière pour les Français. En huit ans, 24 000 morts, dont 15 000 au combat. Moins que les accidents de la route. La fin de cette «petite» guerre a donné aux Français l'illusion de sortir à tout jamais de l'horizon de la guerre qui avait fondé leur civilisation. Ne hurlez pas! La première oeuvre indépassable de l'esprit européen, l'Iliade, est le poème de la guerre et du courage tragique.

Que la guerre, au xxè siècle, ait basculé ensuite dans l'industrialisation de la mort, les soldats sont les premiers à s'en indigner. La sortie de la guerre après l'Algérie, ressentie comme définitive par les Français, a aussitôt évacué la part du masculin et des valeurs viriles dans une société déjà malade. Notre seul horizon est devenu celui de la marchandise. Gagner plus, les hommes transformés en machines à consommer. La grandeur, quoi !

Au risque de scandaliser encore plus, m'appuyant sur tout ce que j'ai appris de l'histoire, je sais que la présence, même voilée, de la guerre, est ce qui donne du sens et de la poésie à une société, lui permet de se constituer et de se tenir, de ne pas être une foule informe, mais un clan, une nation, un empire. Cet horizon de la guerre, confiné au limes, permit à Rome de se maintenir pendant des siècles, malgré ses empereurs fous et alors que régnait la paix à l'intérieur. Quel paradoxe que celui de la guerre! Il est au coeur de deux célèbres romans du m' siècle, Le Désert des Tartares de Dino Buzzati et Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq. L'un et l'autre décrivent de vieilles sociétés en déclin. Elles tiennent pourtant debout, non par la réalité de la guerre, mais par la pensée qu'aux frontières on conserve d'elle.
La guerre d'Algérie fut une petite guerre à nos frontières. Elle recula un temps notre chute. L'Algérie était notre "désert des Tartares". C'est ainsi qu'à l'époque, jeune soldat, sans rien savoir de ce que je sais maintenant, je la percevais implicitement. J'en demande pardon à tous ceux qui eurent à en souffrir."


Dominique Venner in la NRH n°37


http://www.n-r-h.net/



Vu sur :
http://ettuttiquanti.blogspot.com
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