Cœurs sensibles s’accrocher ! Un « disciple de Hannibal Lecter », un immigrant chinois accusé d'un meurtre particulièrement horrible dans un autocar au Canada, s'est livré à du cannibalisme sur sa victime qu'il avait décapitée et a mis dans sa poche un nez et une oreille, a affirmé hier mardi le ministère public devant un tribunal.
« SVP, tuez-moi ! »
Lors d'une audience dans la province du Manitoba (centre), un juge a ordonné une évaluation psychiatrique de Vince Weiguang Li, accusé d'avoir tué son voisin à bord d'un autocar la semaine dernière dans un accès de violence inexpliqué. Selon les témoins de l'attaque, l'accusé s'est acharné sur sa victime, un jeune homme de 22 ans, Tim McLean, dans un autocar se rendant à Winnipeg dans la province du Manitoba, le poignardant à quarante reprises et le décapitant. L'homme de 40 ans est resté largement silencieux pendant l'audience, mais il a murmuré "s'il vous plaît, tuez moi", a indiqué son avocat, Randy Janis.
Il mangeait sa victime sous le regard des policiers
Lors de l'audience mardi, le ministère public a donné des détails particulièrement glaçants sur la base des indications des enquêteurs de la police fédérale qui se trouvaient sur place, afin d'appuyer sa demande d'évaluation psychiatrique de l'accusé. Selon ces témoignages, l'homme a découpé des parties du corps de sa victime et semblait les manger. Et lorsque la police l'a arrêté, elle a retrouvé dans une de ses poches un sac de plastique contenant un nez, une oreille et une partie de lèvre.
Les autorités n'avaient jusqu'à présent pas donné de détails sur ce meurtre qui a choqué le Canada. Mais l'enregistrement d'une conversation radio entre policiers, qui a circulé sur internet, avait déjà donné une idée de son horreur. On y entendait un policier dire "Badger (le nom de code donné à l'accusé par la police) est à l'arrière du car, il découpe des parties (du corps) et les mange". Un autre policier précisait que l'homme était armé d'un couteau et d'une paire de ciseaux.
Tim McLean était endormi, la tête appuyée contre une fenêtre du car lorsque son assaillant l'a soudainement attaqué. Paniqués, la trentaine de passagers du car et son chauffeur ont quitté précipitamment le véhicule, barricadant les portes pour bloquer le forcené à l'intérieur.
Asocial ?
M. Li, qui avait immigré au Canada en 2004, avait occupé plusieurs emplois solitaires, travaillant notamment comme gardien de nuit et livreur de journaux. Selon des indications données par la presse locale, des gens le connaissant ont affirmé qu'il avait manifesté des signes de troubles mentaux, mais qu'il refusait de se faire soigner. Son ex-épouse a déclaré à la police qu'il avait été hospitalisé pendant quatre jours dans les semaines précédant l'attaque.
Lors de l'audience de mardi, la seconde depuis son arrestation, l'accusé a fait un signe de tête pour manifester qu'il comprenait la gravité des accusations portées contre lui. Il a aussi répondu d'un signe de tête négatif lorsque le juge lui a demandé s'il voulait un avocat. "Il semble refuser tout dialogue. De temps en temps, il fait des signes de tête pour répondre à une question", a déclaré Randy Janis. M. Li doit comparaître à nouveau le 8 septembre après avoir subi une évaluation psychiatrique.