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L'unique classe bilingue (breton-français) de l'école de Merville à Lorient affiche complet avec 25 enfants en moyenne et grande sections de maternelle. Les vingt candidats de petite section ont été refusés et replacés dans des groupes monolingues. Un bras de fer risque de nouveau s'engager entre les élus, les parents et l'académie. : Patrick GuiguenoJean-Pierre Thomin, en tête. Le vice-président du conseil régional de Bretagne, chargé du patrimoine et de la culture, n'a pas choisi l'école lorientaise par hasard. « Les écoles publiques morbihannaises sont déficitaires en matière d'enseignement bilingue, si l'on compare au Finistère par exemple, où onze postes viennent d'être créés. » Constat partagé par Yann Syz, élu lorientais de l'UDB. « On assiste à une mauvaise volonté évidente de l'État. »
L'inspectrice d'académie, Monique Stievenart, venue compter les enfants ne veut pas entrer dans le débat. Elle indique toutefois : « Le problème a été évoqué en conseil d'école, avant les vacances. Tout le monde savait, à Merville, que l'ouverture d'une deuxième classe bilingue se ferait au détriment d'une classe monolingue. Avec la suppression d'un poste, il y avait des choix à faire. »
Les dés ne sont pas pour autant jetés. Les arbitrages et les discussions vont se poursuivre cette semaine. En attendant, les parents du petit Anatole étaient bien embêtés. Laisser leur enfant dans une classe « classique » ou tenter leur chance, dans la seule autre école lorientaise publique, qui assure un enseignement bilingue ? « Encore faut-il qu'ils acceptent de nous le prendre. » A Nouvelle Ville, les effectifs sont pléthoriques, avec trente enfants en maternelle. La filière est en péril si le public ne se donne pas les moyens d'assurer l'initiation au breton dès le plus jeune âge.
Formation des enseignants, cogestion de l'enseignement sont pourtant les propositions faites par le conseil régional à l'État. En Corse, les premières classes bilingues ont ouvert en 1996. « Nous, c'était en 1983. Or, aujourd'hui, sur l'Ile de Beauté, on compte cent fois plus d'enfants dans ce circuit qu'en Bretagne », constate Jean-Pierre Thomin.
Françoise ROSSI.