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BELGRADE (AFP) — Le président serbe Boris Tadic a évoqué pour la première fois l'éventualité d'une partition du Kosovo, que rejettent les Occidentaux et les autorités de Pristina, à quelques jours d'un débat à l'ONU sur la requête serbe au sujet de la légalité de l'indépendance du Kosovo.
"Je suis disposé à considérer cette option également, si toutes les autres précédentes sont épuisées, mais il y en a un certain nombre", a déclaré le président serbe sur la chaîne de télévision d'Etat RTS.
Boris Tadic était interrogé sur le fait de savoir si pour Belgrade "la partition du Kosovo est acceptable".
"Il existe encore beaucoup de possibilités pour trouver une solution dans le cadre du concept de l'autonomie substantielle. Mais si nous épuisons toutes les possibilités, nous pouvons alors nous pencher sur cette option", a répété le président serbe.
Boris Tadic a pris toutefois soin de souligner que l'option de la partition du Kosovo n'était pas à "l'ordre du jour" et que la Serbie souhaitait trouver avant tout une solution au statut du Kosovo dans le cadre d'une large autonomie au sein de la Serbie.
Belgrade s'oppose résolument à l'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février, et considère son territoire comme l'une de ses provinces.
La Serbie a d'ailleurs toujours considéré le Kosovo comme un ensemble tout au long des négociations sur son statut entamées en 2005 sous l'égide de l'ONU et qui ont débouché, faute d'accord, à la proclamation d'indépendance.
L'ancien ministre serbe des Affaires étrangères, Goran Slivanovic, confirme que cette idée de partition est nouvelle chez le président serbe.
Pour lui, elle arrive "trop tard", dans la mesure où elle aurait pû être proposée par Belgrade au début des négociations sur le Kosovo ou "trop tôt", avant une opinion éventuelle de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la légalité de l'indépendance du Kosovo. Celle-ci n'interviendra pas avant peut-être quelques années.
La Serbie a déployé d'importants efforts diplomatiques pour que l'Assemblée générale des Nations unies donne son aval à une saisine de la CIJ et que celle ci se prononce sur le sujet. Le débat sur le projet de résolution serbe est prévu le 8 octobre.
La majorité des quelque deux millions d'habitants du Kosovo sont des Albanais. Les Serbes sont toutefois majoritaires dans le nord, adossé à la Serbie, mais ils résident aussi dans des enclaves.
Quarante-sept pays dans le monde, dont la plupart des pays membres de l'Union européenne et les Etats-Unis, ont reconnu à ce jour l'indépendance du Kosovo et rejettent l'idée d'une partition.
Le président kosovar, Fatmir Sejdiu, a également dénoncé mardi les propos du président Tadic, les qualifiant de "tentative vaine" visant à remettre en cause l'intégrité territoriale du Kosovo.
"Le Kosovo a ses frontières que la communauté internationale reconnaît de plus en plus", a déclaré le président du Parlement kosovar, Jakup Krasniqi.
Les autorités serbes ne cachent pas néanmoins leur espoir de voir se tarir les reconnaissances internationales du Kosovo avec leur initiative vers la CIJ, avec pour ambition de revenir un jour à la table des négociations.
La seule solution sur la question du Kosovo réside dans de "nouvelles négociations menant à une solution acceptable pour les deux parties (Belgrade et Pristina) et qui serait confirmée par le Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré mardi le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, à l'agence Beta.
Goran Slivanovic est persuadé que plusieurs pays occidentaux, "coincés" sur l'affaire du Kosovo, vont accueillir favorablement l'idée d'une partition, qui représente pour eux "une voie de sortie".
"Les frontières peuvent changer", si cela résulte d'un accord entre Belgrade et Pristina, mais les pays ayant reconnu l'indépendance du Kosovo ne seront pas tenus pour autant de revenir sur leur décision, relève l'ancien ministre serbe.