L'amiante est interdit dans la plupart des pays développés et son usage est de plus en plus sévèrement restreint dans le monde, mais il y a encore un marché, que je qualifierai de la mort. L'amiante est encore utilisée massivement en Russie, dans les pays asiatiques (Chine, Inde, Pakistan, Indonésie, Malaisie¿) Dans une partie de l'Amérique latine (Brésil, Colombie, Mexique¿) et dans certains pays d'Afrique¿ et pas en petite quantité, à coups de centaines de milliers de tonnes. La palme du cynisme revient néanmoins à un pays que je n'ai pas encore cité : le Canada ! Le Canada n'utilise pratiquement plus d'amiante chez lui, et pour cause, mais le pays est le premier exportateur mondial ! Il faudrait que l'amiante, l'amiante Chrysotile pour être précis, soit inscrit sur la liste des produits dangereux de la convention de Rotterdam. Seulement voilà, pour qu'un produit figure sur cette liste, il faut qu'il y ait consensus. Or par 2 fois (en 2004 et 2006), le Canada, soutenu par l'Ukraine, l'Inde, le Kirghizstan a opposé son véto. Tout cela parce que cela rapporte au pays d'autant que les mines canadiennes sont situées dans des régions sinistrées où cette activité reste la principale source d'emplois. Sur tous les fronts depuis plus de 10 ans, le Canada soutient cette industrie minière en faisant pression, en essayant de minorer les risques. Un combat rétrograde, indigne d'un grand pays. Et si de plus en plus de précautions sont prises au niveau de l'extraction et du transport, cela n'enlève rien à la dangerosité du produit lors de son utilisation. A qui le Canada peut-il vraiment faire croire que les pays en voie de développement vers lesquels il exporte son amiante sont à même de protéger leurs travailleurs de ce poison ? Ce scandale de l'amiante doit être dénoncé, et dénoncé par tous, sans relâche !
Source: Christian Buchet - Europe1.fr