Que vous inspire cette décision ?
Jacques Lizé. De la consternation, le mot n'est pas trop fort, et beaucoup d'étonnement. A priori, la Cour de cassation se penche sur la forme, pas sur le fond. Ça n'a pas été le cas. Il me semble qu'il y a une forte dimension politique dans cette décision. Elle ne va ni dans le sens de l'histoire, ni dans le sens du droit.
« Etre plus vigilants »
Selon la Cour de cassation, les propos de M. Vanneste restent dans le cadre de la liberté d'expression. Comprenez-vous cet argument ?
On ne peut pas s'en contenter. Si, au nom de la liberté d'expression, on peut insulter des communautés, c'est assez préoccupant. La liberté d'expression a des limites. Et que fait-on des principes d'égalité et de fraternité ? A partir du moment où l'on injurie certaines catégories de personnes, on n'est plus ni dans l'égalité, ni dans la fraternité. Nous envisageons, avec les associations qui défendent les populations régulièrement insultées, de demander aux autorités judiciaires de définir la liberté d'expression.
Allez-vous hésiter à porter plainte désormais ?
Non, nous allons au contraire être plus vigilants que jamais. Il était de notre devoir de poursuivre M. Vanneste. Quand il dit que l'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité, cela fait froid dans le dos. Cet homme est un érudit, il sait choisir ses mots. Ils ont pourtant une étrange similitude avec le discours homophobe le plus primaire auquel nous sommes régulièrement confrontés. Nous continuerons à dénoncer ce genre de propos.