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C'est reparti ? Six syndicats de la SNCF (la CGT, SUD-rail, FO, l'Unsa, la CFTC et la CFE-CGC) ont appelé à la grève à partir de dimanche soir. À la différence de la journée du 6 novembre, il ne s'agirait plus d'une grève d'avertissement mais bien d'une grève de protestation contre l'assouplissement des horaires de travail des conducteurs du fret.
Il est difficile cependant de dire s'il faut se préparer à des journées noires. Les syndicats doivent rencontrer aujourd'hui Guillaume Pepy, le président de la SNCF. L'issue de cette négociation pourrait influer sur le cours des choses d'autant plus que cette grève ne sera pas forcément très suivie sur le terrain. Et les syndicats le savent.
En effet, cette grève bloquerait tous les voyageurs sur une question qui ne concerne que le fret. De plus, elle se ferait sans la Fgaac, syndicat autonome des conducteurs de trains, qui a déjà obtenu lundi des concessions importantes de la direction sur le temps de repos le week-end ou encore sur les heures de travail de nuit. «La Fgaac a négocié des aménagements à cette déréglementation du travail, explique Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots. Mais cette déréglementation n'est pas une réponse aux enjeux du fret et nous nous y opposons.»
La base pourrait malgré tout juger les avancées déjà obtenues par la Fgaac suffisantes. Cette grève risquerait de ne pas peser très lourd face à l'indispensable réforme pour rendre le fret plus compétitif. Les 300 millions d'euros que la branche va perdre en 2008 plaident en ce sens.
Le scénario qui se profile à la SNCF rappelle celui de l'an dernier lors des grèves contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. En 2007, la Fgaac avait également fait cavalier seul et obtenu des avancées. Comme l'an dernier, les syndicats contestataires appellent à faire grève malgré tout. Le président de la SNCF joue gros. En 2007, la négociation qu'il avait menée de main de maître lui avait permis tuer la grève avant qu'elle ne s'enlise. En rééditant le scénario cette année et en faisant passer sa réforme, il prouverait qu'il a trouvé la bonne formule pour réformer en profondeur la SNCF.
Le Figaro