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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag

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Evasion de Ferrara : son ex-épouse accable Me Karim Achoui


Quand, ce mercredi 26 novembre, elle se présente à la barre des témoins d'un air décidé, Yacout Bouzeiene peine à dissimuler sa nervosité. Cette jeune femme de 34 ans aux cheveux noirs de jais ne jette aucun regard vers son ex-époux, Karim Achoui.

L'avocat qui comparaît depuis neuf semaines devant la cour d'assises de Paris pour avoir, selon l'accusation, "donné le top départ" de l'évasion du braqueur Antonio Ferrara, est à deux mètres d'elle. Assis sur le banc des accusés, toujours impeccable dans ses costumes de marque, il n'affiche aucun signe d'anxiété. Pourtant Yacout, la mère de son fils, dont il est séparé depuis trois ans et divorcé depuis un an et demi ne va pas le ménager.


"Karim Achoui est un excellent père, mais un très mauvais mari", lance-t-elle. Mme Bouzeiene brosse pendant plus d'une heure et demie le portrait d'un escroc, un homme violent - elle a déposé des mains courantes au commissariat pour le signaler - et malhonnête qui, "pour son ego et pour l'argent, est capable de tout". "Il a déposé plainte contre moi, alors qu'il est en tort", s'indigne-t-elle. Elle n'aurait pas dit cela, il y a quatre ans, mais "en quatre ans de procédure de divorce (...), Achoui (lui) a tout fait". À la lumière de ce drame, "(elle) le connaît mieux". L'ex-épouse ne veut pas lui nuire, et considère qu'il "ne savait pas que Ferrara allait s'évader". Mais, "oui, il est capable de participer à une évasion", assure-t-elle. Mme Bouzeiene ne sait pas si ce fut le cas, mais elle affirme qu'"il a pu éventuellement y participer à un degré quelconque."

Cinq ans après les faits, elle se souvient. Le 12 mars 2003, en rentrant le soir, son ex-mari paraissait "tendu", "énervé". Elle hésite. Mais rappelle qu'il avait retiré du coffre des "papiers", de l'argent en liquide, des factures de mobilier qu'il avait payé cash, des objets d'antiquité et des statuettes. Redoutait-il d'être suspecté de quelque chose ? Il l'a prévenue que leurs téléphones allaient être placés sur écoute et que leur domicile serait perquisitionné.


"TRANSGRESSER LES RÈGLES"


Sur le coup, elle a supposé que ces objets avaient été acquis de manière illégale et qu'il voulait effacer les traces de leur provenance. Elle avait entendu à la télévision qu'Antonio Ferrara s'était sauvé quelques heures après la visite de son avocat et avait appris ce jour-là que cet avocat était son mari. Sur le moment, elle ne pensait pas qu'il pouvait être impliqué dans cette affaire, mais par la suite, elle "a supposé d'autres choses".

A l'entendre, Me Achoui n'a jamais eu de scrupule à "transgresser les règles". Tant vis-à-vis de certains clients avec lesquels "il avait des soucis" - après avoir encaissé les honoraires, il lui arrivait de ne pas suivre les dossiers ou de négliger ses visites à la prison -, que vis-à-vis d'elle dont il a imité la signature dans un document administratif.

Le témoignage prend des allures de règlement de comptes. Me Achoui voulait obtenir la garde de leur fils ; pressentant que le juge la lui refuserait, il aurait proposé de l'argent à son ex-épouse. "Il se vantait de pouvoir obtenir des certificats de complaisance auprès de médecins, ou encore d'acheter des juges", raconte-t-elle tout en dénonçant des investissements immobiliers sous des prête-noms. "Ce n'est pas l'animosité liée au divorce qui vous fait dire toutes ces choses ?", l'interroge la présidente Janine Drai. "Ça fait quatre ans. Je suis passée à autre chose", assure-t-elle.


Le Monde

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