Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog politique. Vous y trouverez mes textes ou ceux de mes collaborateurs, des articles intéressants, des munitions idéologiques, des blagues pour vous détendre un peu dans ce monde de brut, et quelques photos et imag
Le thermomètre affiche - 2 degrés et un brouillard épais nappe le quartier du pôle viande à la Talaudière. Devant l’entrée des abattoirs, une bétaillère stationne. Il est 8 heures du matin et il fait un froid à ne pas mettre un fidèle musulman dehors. Pourtant les premières voitures arrivent : dans le coffre un mouton, un agneau C’était, hier, pour la communauté musulmane la fête de l’Aid E kebir (ou Aid El Adha) où l’on sacrifie le mouton en souvenir d’Abraham. Ce dernier avait été contraint par Dieu d’immoler son fils unique, Ismael. Au dernier moment, Allah, pour le récompenser de son obéissance lui envoya un animal à sacrifier. Depuis, chaque famille doit donc acheter un animal (agneau, mouton ou autre) et faire procéder à son abattage après l’office à la mosquée obligatoire ce jour-là.
Hier matin, c’est très tôt que les premières bêtes ont été acheminées à la Stéphanoise d’abattage à la Talaudière (l’un des deux établissements officiellement accréditées avec Rive-de-Gier, lire par ailleurs)
Voici Adil, un jeune père de famille stéphanois de 26 ans qui vient livrer un agneau. On le décharge du coffre de la voiture et, avant que l’animal ne rejoigne la bétaillère, on lui appose sur l’oreille une boucle avec un numéro. On remet à Adil un coupon qu’il présentera l’après-midi pour récupérer son agneau mort.
Mohammed et ses deux filles arrivent vers 9 heures. Ils ont assisté à la prière dans la mosquée de Saint-Chamond et viennent livrer deux moutons : « Nous fêtons Abraham et son sacrifice. C’est une tradition », nous confie-t-il.
Même discours chez Aissa (“Ca veut dire Jésus”) jeune Stéphanois dont la famille habite à Roche-La-Molière et qui travaille à Lyon :
« L’Aid fait partie de notre culture. C’est une habitude qui doit perdurer. Heureusement il y a les abattoirs et les bêtes sont tuées avec toutes les conditions d’hygiène requises. Une fois la bête abattue nous mangeons ce qui est le plus périssable. C’est l’occasion de faire un repas de famille L’Aid c’est un peu Noël, pour nous… »
La matinée s’écoule et après la prière de 7 à 9 heures à la mosquée de Saint-Étienne le trafic devient plus intense devant la Stéphanoise d’abattage.
A Saint-Étienne ce sont près de 3000 fidèles qui ont assisté hier matin à la prière sous le chapiteau géant qui accueille la communauté actuellement dans l’attente de l’ouverture de la future mosquée stéphanoise prévue dans le courant de l‘année 2009
“Tout s’est très bien passé” nous a déclaré le recteur Larbi Marchiche: “il y avait beaucoup de jeunes, garçons et filles” Rappelons que la communauté musulmane dans la Loire représente environ 40 000 personnes.
André Gavidia
agavidia@leprogres.fr
A Rive-de-Gier, les commandes ont baissé
Grande effervescence hier matin aux abattoirs de René Peronnet, à Rive-de-Gier. Depuis une semaine, les commandes d’agneaux affluent dans son établissement : « Nous ne travaillons qu’avec des particuliers », précise-t-il. Malgré tout, les commandes sont moins importantes qu’il y a un an. On constate que les gens se servent de plus en plus dans les grandes surfaces. Pour la grande distribution qui propose toute l’année des produits « hallal » à ses clients, cette fête est devenue un réel « business ».
Cette année, 90 agneaux seront tués à Rive de Gier. La matinée d’hier a été consacrée à l’abattage : « C’est le sacrificateur qui égorge les animaux dans le respect de la tradition musulmane, il est salarié dans notre entreprise car nous vendons de la viande hallal toute l’année ». Il faut ensuite dépouiller et préparer les carcasses qui seront vendues entières. Pour cela, René Peronnet a embauché trois personnes de plus, afin de renforcer l’équipe existante. « Nous sommes bien organisés. L’année dernière, c’était trop la pagaille, les gens venaient n’importe quand, on ne pouvait pas travailler sérieusement ».
Sabine Perrault
L’idée d’un abattoir mobile pour les musulmans de l’Ondaine
Hier matin, la mosquée de Montrambert, au Chambon-Feugerolles, accueillait encore six cents fidèles pour la prière.
L’été dernier, l’association cultuelle qui la gère avait souhaité rencontrer les maires de l’Ondaine pour aborder avec eux deux sujets importants : les carrés musulmans dans les cimetières locaux et l’abattage des bêtes à l’occasion de l’Aid. Leur proposition : un abattoir mobile avec la présence d’un vétérinaire (l’expérience aurait vu le jour près de Metz), qui aurait permis aux musulmans de l’Ondaine de respecter la tradition dans de bonnes conditions, près de chez eux. L’expérience de l’année dernière aux abattoirs de La Talaudière n’a pas laissé de bons souvenirs : trop de monde, trop de désorganisation. D’autant que « chaque musulman préfère sacrifier lui-même l’animal après la prière rituelle, comme le veut la tradition » dit Abdel Mersel, secrétaire de l’association. Comment être sûr, en effet, que les bêtes achetées chez le boucher ou en grande surface ont été sacrifiées suivant le rite? «Il faut absolument s’organiser, je suis contre le fait que chacun tente de se débrouiller en des lieux qui ne sont pas adaptés » dit Abdel Mersel. D’autant que la loi l’interdit, le contrevenant risquant une amende. Mais les fidèles sont pressés et veulent tous procéder au sacrifice dès le premier jour (le rite en accorde trois). L’idée émise par son association est restée au stade de la proposition, le CRCM (Conseil régional du Culte musulman) étant ensuite monté au créneau pour faire savoir que l’organisme devait être l’interlocuteur privilégié pour toute question d’organisation.
En attendant, les musulmans de l’Ondaine font en sorte de fêter l’Ay dans la fraternité.
Serge Spadiliero
Fêter l’Aid, combien ça coûte?
A Saint-Etienne, Fadila est une mère de famille de cinq enfants. Elle habite le quartier de Montreynaud et est salariée.
Son budget pour fêter l’Aid s’établit ainsi : « Je consacre en moyenne 150 euros pour l’achat du mouton, auxquels il faut ajouter 50 euros pour l’abattage. On offre également des habits neufs aux enfants. Personnellement avec mes cinq enfants agés de 14 à 20 ans, je dépense environ 300 euros”. Les adultes peuvent également,s’ils le peuvent, renouveler leur garde-robe.”Il faut ajouter à ces dépenses l’argent de poche offert à l’occasion de cette fête et j’y consacre à peu près entre 30 et 50 euros par enfant ».
Fadila reconnaît que tous les musulmans n’ont pas les moyens de fêter l’Aid. « C’est notamment le cas des femmes qui vivent seules ».
On offre également de l’argent aux nécessiteux. L’aumône est une des obligations édictées par l’Islam.
Enfin, Fadial ne conçoit pas de fêter l’Aid sans confectionner des gâteaux :
“‘Je suis la meilleure (sic) pour le baklaoua (une pâte feuilletée aux amandes) et le makroud, qui est un gateau de semoule truffé de dates et qu’on arrose de miel, confie Fadila.
“L’aid, c’est surtout l’occasion pour nous de rassembler toute la communauté dans un climat de pardon et de bienveillance”
Le Progrès