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Les sans-papiers défileront aux côtés du comité de soutien pour voir leur situation régularisée / Archives Mélina Rigot
Dès hier soir et jusqu'à samedi, un collectif composé de structures associatives, politiques et syndicales mène une semaine d'action pour demander la régularisation de quelque 400 sans-papiers
« Les sans-papiers ne sont pas dangereux, ils sont en danger ». Voilà ce qu'on peut lire sur le tract élaboré par un collectif stéphanois composé d'un noyau dur d'une cinquantaine de personnes.
Si plusieurs mouvements syndicaux (CFDT ou CGT), politiques (PCF) ou associatifs (Attac, Réseau de solidarité avec les Rroms, comité tchétchène et bien d'autres encore), font partie de ce rassemblement, c'est bel et bien le Réseau éducation sans frontière qui mène la danse avec un objectif principal. Celui de régulariser les sans-papiers présents sur Saint-Étienne et sa proche région et, ainsi, d'instaurer un environnement le plus propice possible à l'éducation des enfants « perturbés et angoissés par leur situation ».
Mais les desseins sont multiples et les membres du collectif remontés. « Nous voulons une prise en compte de tous les sans-papiers » a-t-on pu entendre du côté de la Bourse du travail à Saint-Étienne, vendredi soir, pour les derniers préparatifs d'une semaine d'action de grande envergure.
« Nous avons un rôle de soutien mais également de médiatisation des histoires personnelles. Nous prenons le relais de personnes qui ne parlent bien souvent que très peu le français ». Difficile pourtant de dénombrer officiellement ces sans-papiers. En 2008, l'association stéphanoise d'entraide et d'action sociale Actis a relevé 171 personnes en situation irrégulière, alors que du côté de RESF, on table sur 200 à 400 dossiers stéphanois toujours en attente.
Des dossiers qui peuvent « prendre un an ou deux, voire plus, afin de trouver une issue, pas toujours favorable. Mais il ne faut pas confondre sans-papiers et clandestins qui sont entrés sur le territoire de manière irrégulière. Les sans-papiers sont presque toujours en droit d'obtenir des papiers que l'État ne leur octroie pas ».
Les lois sur l'immigration et le regroupement familial sont en effet de plus en plus drastiques et les demandes qui affluent sur les bureaux des pouvoirs publics se heurtent au manque de preuves matérielles.
« Nous aidons les sans-papiers à monter des dossiers » explique l'un des adhérents de RESF, « le plus important reste le récit personnel qui s'articule autour d'une histoire territoriale. Il faut prouver qu'il est en danger dans son pays. Malheureusement, vous comprendrez bien qu'obtenir des documents administratifs est très dur ». Et lorsque les demandes de régularisation aboutissent à un refus, la situation se termine presque toujours en impasse. « C'est le serpent qui se mord la queue. Les gens restent, sans être ni régularisés, ni expulsés. Et nos actions trouvent beaucoup d'écho auprès des parents d'élèves qui ne comprennent pas ces injustices. Pourtant, à Saint-Étienne et les communes alentour, il y a une vraie possibilité de replacer ces gens dans la vie active. Tout n'est question que de volonté politique. Une politique pour l'heure inégalitaire et discriminatoire ».
Les membres du collectif qui se mobilisent durant toute la semaine stigmatisent ainsi « des situations ubuesques, le plus souvent de familles maghrébines ou tchétchènes. Elles n'ont ni logements, ni ressources ». Quant aux romanichels, dont la situation est quelque peu différente puisque non en situation de réfugiés, ils seraient environ 200 sur Saint-Étienne, un chiffre stable depuis trois ou quatre ans.
Le point d'orgue de cette semaine de mobilisation est prévu samedi avec une manifestation à 10 heures place Jean-Moulin à Saint-Étienne.
Fabien Burlinchon
La semaine d'action a débuté hier soir avec la projection du film « Welcome » au cinéma Le Rex à Montbrison.
Elle se poursuit toute cette semaine avec divers débats et échanges pour mieux comprendre la situation des sans-papiers.
- Aujourd'hui à 20 heures : présentation du documentaire « Parti les mains vides », au Remue-Méninges, 59 rue Désiré-Claude à Saint-Étienne.
- Mardi 24 en soirée : projection du court-métrage « Bons souvenirs de la Souillarderie » suivie d'un débat en présence de familles Rroms de Saint-Étienne. Lieu et heure à préciser.
-Jeudi 26 à 18 h 30 : table ronde à la Bourse du travail de Saint-Étienne.
- Vendredi 27 à 19 heures : rencontres autour des comités de soutien aux enfants scolarisés à la Bourse du travail.
- Samedi 28 à 10 heures : manifestation place Jean-Moulin à Saint-Étienne.
Le Progrès